13.01.2008

ENSEMBLE POUR VANVES.COM

Bonjour

Le site de campagne des socialistes de Vanves pour la campagne municipale est désormais disponible sur:

ENSEMBLE POUR VANVES.COM

Nous vous rappelons que l'élection aura lieu les dimanche 9 et 16 mars 2008

Bonne semaine

18.06.2007

Sondage:DSK préféré à Royal

Voici les résultats d'un sondage publié aujourd'hui sur le NouvelObs.



Selon Ipsos, l'ancien ministre de l'Economie est cité par 38% des personnes interrogées, la candidate à la présidentielle par 26% pour succéder à François Hollande. Dominique Strauss-Kahn est préféré par 39% des Français selon CSA, par 32% selon BVA, toujours devant Ségolène Royal.






(c) Reuters
Les Français privilégient Dominique Strauss-Kahn plutôt que Ségolène Royal pour succéder à François Hollande à la tête du Parti socialiste, à en croire plusieurs sondages diffusés dimanche. Selon une enquête Ipsos pour Europe 1, Le Point et 20 Minutes, l'ancien ministre de l'Economie est cité par 38% des personnes interrogées, devant la présidente de la région Poitou-Charentes (26%) et le maire de Paris, Bertrand Delanoë (17%).
Dominique Strauss-Kahn est cité par 39% des personnes interrogés dans une enquête réalisée par CSA-Cisco pour France 3, France Info, France Inter et Le Parisien, devant Ségolène Royal (24%), Bertrand Delanoë (14%) et Laurent Fabius (7%).
Il est la personnalité préférée de 32% des personnes interrogées par BVA-Orange pour la presse quotidienne régionale, devant Ségolène Royal (25%), Bertrand Delanoë (12%) et Laurent Fabius (6%).

Sympathisants

En revanche, parmi les sympathisants socialistes, Ségolène Royal arrive en tête (42%), précédant Dominique Strauss-Kahn (31%) et Bertrand Delanoë (17%.), selon Ipsos.
Dans l'enquête CSA-Cisco, Ségolène Royal est créditée d'une avance plus faible parmi les électeurs de gauche, 39% d'entre eux souhaitant qu'elle succède à François Hollande contre 38% qui privilégient Dominique Strauss-Kahn, 15% Bertrand Delanoë et 4% Laurent Fabius.
Ségolène Royal arrive nettement en tête parmi les sympathisants de gauche (39%) et du PS (44%) contre respectivement 24% et 29% pour Dominique Strauss-Kahn, 13% et 9% pour Bertrand Delanoë et 6% et 5% pour Laurent Fabius.
L'ancien ministre socialiste de l'Economie est cité par 57% des électeurs du Mouvement démocrate (MoDem) comme la personnalité préférée pour prendre la succession du premier secrétaire du PS, nettement devant Ségolène Royal (20%) et Bertrand Delanoë (12%).

Hollande doit partir

Pour 57% des personnes interrogées par Ipsos, François Hollande doit quitter rapidement ses fonctions à la tête du PS et laisser la place à une nouvelle direction. A l'inverse, 31% des sondés pensent qu'il doit rester jusqu'au prochain congrès prévu à l'automne 2008.
L'enquête Ipsos a été effectuée les 15 et 16 juin auprès d'un échantillon de 942 personnes représentatif de la population française. L'enquête CSA-Cisco a été conduite par téléphone le 17 juin auprès d'un échantillon de 1002 personnes âgées de 18 ans et plus inscrites sur les listes électorales.
Le sondage BVA-Orange a été réalisé après l'annonce des résultats du second tour des élections législatives auprès d'un échantillon de 824 personnes représentatif de la population française.

14.06.2007

Décrispons la Gauche

medium_180px-Michel_Rocard.jpg

Aujourd'hui dans Libération Michel ROCARD, ancien Premier ministre et MICHEL PEZET vice-président du conseil général des Bouches-du-Rhône publient un manifeste
pour un Parti socialiste qui prône un progrès social en commençant par se defaire du dogmatisme économique.


Voici l'article et bonne lecture

La social-démocratie intègre dans sa pratique historique deux idées qui ont été placées par le vote des Français au cœur des enjeux de modernisation de la gauche et de ses futures stratégies de reconquête du pouvoir.

D’une part la reconnaissance du caractère incontournable du marché pour obtenir les résultats économiques qui permettent d’engager une action sociale efficace.

Et d’autre part l’ouverture politique que cette évolution rend possible, vers les citoyens qui souhaitent le progrès social mais qui rejettent le dogme de l’économie dirigiste pour y parvenir.

L’importante adhésion reçue par le projet du candidat de l’UDF au premier tour de l’élection présidentielle a révélé l’existence d’un électorat massivement orienté dans une telle logique.

Elle offre l’opportunité pour une gauche décomplexée de rechercher ses futures alliances dans ce nouvel espace politique.

Les premiers tirs de barrage organisés depuis la gauche du Parti socialiste contre la social-démocratie ont d’abord ceci de pathétique qu’ils tentent de la faire apparaître comme une réponse politique complaisante à la mystification que constitue l’idée d’une droitisation de l’électorat français.

Si les échecs successifs de la gauche sont la manifestation d’une forme de rejet, ce n’est pas parce que les Français sont plus de droite, mais parce que la gauche n’a pas su porter un espoir suffisamment crédible à leurs yeux.

Ces mêmes tirs de barrage ont aussi ceci d’étonnant qu’ils érigent les questions de l’ouverture politique et de l’économie en interdits infranchissables.

L’identité de gauche serait-elle donc à ce point fragile que ces seuls pas suffiraient à lui faire perdre son sens ?
Une gauche qui se propose de répondre aux conséquences néfastes d’un marché dont elle reconnaît par ailleurs les qualités est pourtant bien à l’œuvre, ce faisant, pour atteindre les objectifs politiques qu’elle s’est fixés.

Et il en est de même lorsqu’elle considère l’individualisation des comportements non comme un phénomène qu’il faudrait terrasser, mais comme une aspiration de nos concitoyens à laquelle il convient de répondre en accompagnant et en dynamisant les nouvelles formes de socialisation qu’elle va immanquablement générer.

En se défaisant des oripeaux du dogme, la gauche peut être enfin libre d’explorer les voies nouvelles de régulations efficaces. Elle devient, ce faisant, plus apte à répondre à ces grands maux qui, ne nous faisons aucune illusion, ne seront jamais au cœur des préoccupations de la droite, et que constituent notamment la persistance de la pauvreté dans un pays riche, l’instabilité organisée de l’emploi, la crise du logement, l’abandon des banlieues, le pillage des ressources naturelles ou la pollution de l’environnement.

S’il veut être à l’avant-garde de ce combat, le socialisme français doit commencer par cesser d’agir sous le doigt accusateur de ceux qui s’arrogent une sorte de droit à dire ce qui est, et ce qui n’est pas, «de gauche».
Trop longtemps, la gauche et le Parti socialiste ont entretenu leur déconnexion avec les logiques de l’initiative économique privée, par culture, par incompréhension ou par calcul.

Et le Parti socialiste pourrait même puiser ce renversement positif dans ses propres racines.
A l’époque où, défendant déjà la dignité du travail, il animait des sections d’entreprises, où naissait en lui une vision posi­tive et assumée de cet objet social, placé au cœur d’un débat prenant pour donnée l’aspiration fondamentale de l’individu au travail pour gagner sa vie.

Il n’existe évidemment pas de modèle social-démocrate sur étagère qu’il suffirait d’adopter et d’appliquer pour en retirer des effets magiques.

Les démocraties sociales de l’Europe du Nord sont peut-être des exemples intéressants, mais elles ne constituent en rien des livres de recettes.

Ce qui est à inventer, c’est une social-démocratie française, fondée sur ses valeurs humanistes, crédibilisée par le réalisme économique qui nous fait encore défaut et dynamisée par l’audace politique.

Car la justice sociale doit être portée dans le mouvement si elle veut être efficace, et le conservatisme social ne peut être que tactique et ponctuel. Institué en méthode, il est inefficace et constitue d’ailleurs une négation de nos valeurs fondamentales.
Pour ouvrir ce chemin, le Parti socialiste doit commencer par constater que le cycle politique d’Epinay, débuté en 1971, est arrivé à son terme et qu’il n’a plus, depuis longtemps, rien de vertueux.

Dans son fonctionnement, le Parti socialiste s’est progressivement rapproché de celui de cette SFIO vieillissante dont il a un jour incarné le dépassement : des valses hésitations idéologiques qui divisent son pouvoir entre des grandes fédérations, et la dérive conséquente vers un parti d’élus qui ramène progressivement la logique militante à une seule addition numérique dédiée aux investitures.

La rénovation du Parti socialiste est urgente.

Mais elle doit, pour s’engager, respecter l’ordre des priorités en plaçant la définition de son orientation politique en préalable au choix de ceux qui auront la tâche de la conduire.

Cette rénovation du Parti socialiste constitue le premier pas d’une aventure créatrice à laquelle nous savons déjà que les Français porteront une attention soutenue puisqu’ils ont aussi par leur vote désigné le Parti socialiste comme celui qui porte en premier la responsabilité de construire une future alternance politique.

Cette aventure créatrice peut prendre le nom de projet social-démocrate, sans doute, puisqu’elle y ressemble.
Ce qui est plus important, c’est qu’elle constitue un projet dans lequel la gauche aura l’ambition de ne pas être seule à se reconnaître, parce que chaque Français pourra voir qu’il est porteur de cette crédibilité d’où seule peut naître un espoir nouveau.

Le supplément d’âme et d’inventivité que nous saurons lui donner lui permettra alors un jour de constituer une pierre nouvelle à l’édifice des sociétés plus ­justes.

03.02.2007

Bloc-notes de Jean-Christophe Cambadélis n°21

1/ Sarko veut rester le premier flic de France

Nicolas Sarkozy a réservé son premier meeting à Poitiers. S’agissait-il d’un lointain hommage à la bataille de Vouillé, dont c’est l’anniversaire (507) ? là où Clovis stratège fonda le royaume Franc dans la défaite d'Alaric II. Il est peu probable que Raffarin ou même ses « plumes » lui aient soufflé la parabole. Et oui, Sarkozy n’est ni de Gaulle, ni Mitterrand.

La comparaison n’était pas, à vrai dire, sans risque. Clovis se voulait successeur de l’Etat romain, héritier en Occident de la tradition politique, religieuse et culturelle romaine. Car cette dernière après la chute de l’empire de l’occident était exsangue.C’est un peu cela Sarkozy ! Il guerroie pour unifier les droites alors que la culture bonapartiste est exsangue et celle des libéraux sans fondement.

Alors, il se veut le successeur de Chirac, son continuateur sous d’autres formes, mais sans autre forme. Comment comprendre autrement ce discours sur le pouvoir d’achat. Ce lointain écho à la fracture sociale. Ces emprunts à la gauche fut déjà celle de Chirac minaudant sur son flirt avec le PCF dans le 5ème arrondissement ou sa signature de l’appel contre l’arme nucléaire. Mais là où Chirac finissait par être convaincu, par un texte écrit par d’autres, et finalement passait à autre chose ! Nicolas Sarkozy lui, saute d’un discours à l’autre, d’un positionnement à un autre. C’est le Tarzan de la politique délaissant la liane qu’il vient de saisir: l’essentiel est de progresser ! Avec Sarkozy, point d’Histoire, point de parabole. L’efficacité du marché est aux commandes.

On croyait l’homme mettant ses pas dans ceux de Bush. Moins à la mode il est vrai. Ses récentes déclarations économiques et sociales sur le contrat unique, les heures supplémentaires, le travail style Mac Do ou le CNE, nous permettaient d’envisager le choc frontal. On supputait une plume gaullienne, prenant de haut le « machin » Europe et balayant, d’un revers de manche, l’entrée de la Turquie. Et l’on ne trouve qu’un Chirac, à l’arrivée, godillant dans le cloaque. Revenant sur le CNE parce que mal compris, réajustant son Europe à la hauteur mini d’un traité ; poussant les siens à mordre les mollets, pendant qu’il se drape dans celui qui n’en est pas. Et puis revenant à la limitation du droit de grève ou à l’instauration d’une franchise pour les dépenses de santé. Vous vous souvenez du Chirac 95, Séguin, Madelin, c’est le remake Sarko. Alors évidemment lorsqu’il se fait piquer les doigts dans la confiture qui révèle sa vraie nature, il n’est pas content notre Président des Hauts de Seine.

Pensez donc ! Lui l’homme impartial enquêtant sur un « rebelle » de Ségolène pour voir si il n’y aurait pas de quoi faire un scoop. Ce n’est pas bon pour l’image ! Cela ne fait pas rupture ! On croirait presque de la « barbouzerie pasquaïenne » ! Moi qui croyais naïvement que Pasqua après l’affaire de l’écoute du PS le jour où Henri Emmanuelli l’a emporté sur DSK, au poste de 1er Secrétaire, avec le soutien de Laurent Fabius et de François Hollande et l’abstention de Lionel Jospin… Je m’égare !! Bref depuis cet épisode, je croyais qu’il n’y avait plus d’enquête sur les partis politiques. On nous répond : c’est pour suivre les mouvements terroristes. Bigre ! Greenpeace terroriste ! Hulot ne va pas être content et Charles Hernu, « paix à son âme », applaudit ! Pire ! Lorsque les gazettes narrent que la maréchaussée a utilisé l’ADN pour récupérer le scooter du fiston. Cela fait désordre. Surtout lorsqu’on sait qu’ils sont 24 policiers à se relayer autour de la famille Sarkozy. Soit les Français vont se demander combien vaut la recherche de cet ADN, soit ils vont moquer le premier flic de France qui se fait faire les poches, à la barbe et au nez de sa garde rapprochée.

Soyons sérieux. Ces épisodes démontrent deux choses. D’abord Nicolas Sarkozy n’a pas changé. Sous le masque de velours, la mâchoire de l’homme de pouvoir claque. Julien Dray qui, parait-il, a fréquenté le couple Sarkozy, lui a envoyé un message clair et net : « la fin ne justifie pas les moyens ». Ceci ne nous rajeunit pas et Lionel Jospin en fit en son temps une variante sur l’interdépendance entre la fin et les moyens ! Mais je m’égare à nouveau !

Pour Sarkozy tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Et voilà pourquoi il garde jusqu’au bout son poste de Ministre de l’Intérieur. Pourtant ce n’est pas rien : 1er flic de France, organisateur des élections, dépositaire des grands et petits secrets de la République. Et puis sondons l’inconscient : Qu’est-ce que c’est que ce présidentiable qui veut rester flic ? Cela cache quoi ? Cela révèle quoi ? Sarkozy a gardé du bonapartisme que Fouchet et même Persinny, plutôt que Morny, le symbole de la gauche dans les mots, mais toujours le bidule dans la tête.

2/ Si Royal est le vote utile face à Sarkozy, Bayrou est un critique pas inutile

Puisqu’on vous dit qu’un journaliste ne renonce jamais à un angle. Nous vous avions prévenu dans ces colonnes : après la quinzaine Hulot, il y aurait la quinzaine Bayrou puis José Bové, pour terminer par un remake très prisé : Le Pen. « La der » de Rocky Balboa, près de 80 ans et il remonte sur le ring pour faire peur aux honnêtes gens.

Bon, puisque la quinzaine du blanc est terminée, abordons celle du bleu. Comme tout le monde je tressaille au titre : « La tentation Bayrou ». Comme tout le monde, j’ouvre mon journal le cœur battant pour me précipiter sur le sondage du jour. Là, je me gratte la tête : il est au centre pour 53% des Français, jusque là il n’y a pas de quoi prendre les eaux à Pau. Mais le sondage ajoute : « ni à gauche, ni à droite 22% ». Ni à gauche, ni à droite, ni au centre, c’est quoi ? Ce doit être l’extrême centre ! Bref, 75% des Français le situent dans un « entre deux ». Et si on suit les sondages, il est courageux mais ne propose pas de solutions nouvelles pour le pays et surtout il n’a pas la stature d’un chef d’état.

Voyez-vous, il n’en faut pas plus pour être une « tentation ». Et c’est parti, les DSKistes lorgnent vers lui, plus étonnant les amis de Laurent Fabius aussi. Je n’avais pas vu que l’ancien ministre des Finances regardait de ce côté-là. Mais ce sont ses amis regroupés dans un mystérieux groupe Spartacus… au ministère des Finances. Le ministre avait dû les laisser là en partant. Avec un tel pseudo il est évident qu’il n’y avait que François Bayrou dans le champ politique. Et Bayrou et ses amis, tout goguenard et la mine contrite, déclarent sous le manteau « Y en a plein de chez DSK qui nous rejoignent ». Je ne comprends toujours pas pourquoi lorsqu’il y en a beaucoup, Bayrou ne publie pas de liste ? Mais un démocrate chrétien, c’est bien connu ça ne ment pas monsieur ! ça évoque façon puzzle…

Comme toujours la presse amplifie, traque, débusque le phénomène souvent pour le caricaturer à coups de sondages. J’évoquais la semaine dernière un « plan B » : Bayrou, Buffet, Besancenot et aujourd’hui Bové. Pourquoi Bayrou dans cette galère ? Lionel Jospin évoquait en son temps, où il polémiquait avec les amis de Michel Rocard, sur le fait indéniable que le centre était à droite. Et que ce dernier « deviendrait intéressant lorsqu’il aurait cessé d’être dans cette alliance ». Je crois que Bayrou commence à devenir intéressant car il est plus « un opposant à Sarkozy qu’un concurrent de Ségolène ». Un homme de droite qui prend ses distances avec la candidat de la droite. Voila qui n’est pas négligeable.

Hep ! Je vous rattrape par le col. Il n’y a là ni appel à Bayrou, ni changement d’alliance, ni soutien déguisé pour mieux savonner la planche de notre candidate. Non, parce que je vous connais avec vos interprétations, extrapolations abusives, sous entendus subversifs. Bayrou rejoint simplement le camp de ceux qui constatent que Sarkozy pour la France, c’est tout simplement : pas possible. Le fait qu’il le fasse sous le drapeau du « ni Ségolène, ni Sarkozy » ne change rien à l’affaire. Il était dans une alliance, certes contrainte, avec l’UMP et Chirac. Il n’y est plus. Que dirait-on si le PS avait dit le cinquième sur le PCF et les Verts. Ce serait : cinq colonnes à la Une : « La gauche éclate ! »

Eh bien voila ! Sarkozy ne fait pas l’unanimité à droite. Sarko regardant cette « dérive » veut la briser en débauchant des élus de l’UDF. Bayrou présente-il un danger ? C’est préjuger que Ségolène Royal pourrait dévisser. Ce que je ne crois pas. D’abord, le vote utile fonctionnera. N’oubliez pas la dernière quinzaine Le Pen. Ensuite parce que même entamé, l’électorat féminin considère que l’on ne passe rien à cette dernière par machisme militant. Enfin, l’anti Sarkozy est un puissant levier de mobilisation à gauche. Si Ségolène Royal est le vote utile face à Sarkozy, Bayrou est une critique pas inutile. Pour le reste Bayrou mange du pain blanc.

Plus on va se rapprocher de la présidentielle, plus la question de quelle majorité pour gouverner va se trouver posée. L’alliance de bonnes volontés cela ne fait pas un programme. L’UMP et le PS n’ont pas le même programme et celui du Béarnais n’est pas le leur. Alors la victoire de Bayrou c’est l’instabilité. C’est à coup sûr à l’Assemblée une majorité hostile au Président. Par contre Bayrou peut aider à changer de cap, comme le réclament toutes les gauches et les écologistes.
Oui notre démocratie est en crise.
Oui le programme libéral l’accroît.
Oui Sarkozy et son « tout marché » ne peut régler ni les défis écologiques ni les défis sociaux et encore moins les défis civiques. Changement de cap ou replatrage.

Bayrou s’en sort avec un fusil à un coup. Je gagne. C’est un peu court jeune homme ! Mais après avec qui gouvernez-vous ? Vous avez fait un pas en rompant avec l’UMP, n'y revenez pas ! Encore un effort. Dites que vous n’excluez pas de soutenir la gauche. Sinon vous n’êtes pas centriste, mais un bon rabatteur de voix.

Bayrou réserve ses flèches contre le système, très bien ! Il pointe les défauts de l’Etat impartial de Sarkozy, tant mieux ! Pourquoi voulez-vous que nous boudions ceux qui nous rejoignent dans le combat ? Sa logique serait d’évoquer la possibilité de travailler un jour avec la gauche. Mais peut-être a-t-il en poche un billet de retour ?

En tout état de cause et au-delà de l’écume des choses, la critique Sarkozy par Bayrou n’est pas l’expression d’une nouvelle donne, mais participe à la nouvelle donne de la gauche. Tout comme celle de la totalité des organisations syndicales. Notons avec intérêt les récentes déclarations de Chérèque à propos du projet Sarkozy, après celles de la CGT, de FO et de l’UNSA. Au-delà des sondages, il se constitue un vrai bloc de rejet de la droite sarkozienne.

3/ C’est au tour de Bové

José Bové se lance. Nous ne voulons pas nous en mêler mais nous refusons de nous en défier. D’abord parce que le « Bové nouveau » n’est pas ou pas tout à fait dans l’hostilité vis-à-vis du PS. L’appel du philosophe Onfray, les déclarations de Clémentine Autain, de Patrick Braouzec ou Yves Salesse sont maintenant claires. Sarkozy-Royal ce n’est pas du pareil au même. Ensuite parce que José refuse de s’enfermer dans le non au traité constitutionnel. Enfin parce que si nos désaccords sont nombreux voir difficilement surmontable contrairement à ceux de Voynet ou Buffet, la charge de José Bové ramène au combat contre la droite au pouvoir des gens qui s’enfermaient dans le dépit.

Mais nous voudrions faire une recommandation. Il serait tout aussi inutile de courir derrière Bayrou que de lorgner vers José Bové. Les socialistes ont moins besoin de marqueur au centre ou à la gauche de la gauche que d’un dessein étayé pour changer la France.

Pour le reste, si on veut battre Sarkozy au deuxième tour autant s’en donner les moyens dès le 1er tour. Soit en votant pour Ségolène Royal, soit en évitant d’abîmer sa candidature. Car pour l’instant, l’anti-sarkozysme est supérieur à la sarkomania.


Extrait du blog de Jean-Christophe Cambadélis: ici

28.01.2007

Disparition de l'Abbé Pierre

La voix, qui avait retenti sur les ondes de radio-Luxembourg au cours du terrible hiver 1954 pour défendre les sans logis, s’est éteinte hier matin à l’hôpital du Val-de-Grâce.

Je veux ici exprimer mon profond respect pour les actions menées par l’abbé Pierre depuis un demi-siècle en faveur des laissés pour compte. Notre République a perdu aujourd’hui l’un de ses justes. Fondateur de la première communauté Emmaüs en 1949, l’abbé Pierre a tout au long de sa vie porté haut les valeurs qui fondent notre pacte social. En luttant sans relâche contre les injustices et les souffrances humaines, il a donné tout son sens au beau mot de solidarité.

Au-delà de l’hommage légitime qui lui est dû, il faut poursuivre le combat qu’il avait engagé pour l’accès de tous à un logement décent. La mobilisation, depuis plusieurs semaines, des Enfants de Don Quichotte sur les bords du canal Saint-Martin prouve, s’il en est besoin, que la question du logement est au cœur du combat pour l’égalité réelle.


La seconde réflexion que m’inspire la disparition de l’abbé Pierre porte plus largement sur la place du mouvement associatif dans la transformation de notre pays.

Ma conviction est que ces acteurs ne peuvent plus être laissés à l’écart par les pouvoirs publics. Ils doivent être pleinement associés aux changements que nous voulons mettre en place dans la société française. C’est un problème de méthode.


C’est vrai dans le domaine environnemental comme l’a montré l’action constante de Nicolas Hulot en faveur d’une prise de conscience collective des dangers qui menacent la planète.

C’est vrai dans le domaine de l’action culturelle et sportive comme je peux l’observer chaque jour dans la collectivité où je suis élu.

C’est vrai pour l’éducation populaire, pour l’action sociale dans les quartiers, pour les missions humanitaires et pour tant d’autres domaines.


Tous ces corps intermédiaires sont le poumon de notre République, ses vigies. Ils alertent autant qu’ils agissent. Ils pointent du doigt les échecs des politiques conduites par les gouvernements de gauche comme de droite. J’en prends ma part de responsabilité et je formule un souhait en forme d’exigence. Nous devons, nous politiques, nous appuyer sur le savoir-faire et le ″savoir-être″ du monde associatif pour bâtir ensemble une France plus juste.


dsk



Extrait du blog de DSK: ici

Bloc de note de Jean-Christophe Cambadélis n°20

Frapper sur le même clou : Sarkozy

Je vous conseille le slam de « grand corps malade » sur la ville de Saint-Denis. Cela parle de notre France : celle qui vit, crée, combat et souffre. C’est autre chose que la France « papier glacé» de Nicolas Sarkozy. Cette France qui « réconcilierait l’ancien régime et la République ». Celle qu’il veut partager avec le Front National. Nicolas Sarkozy s’est avancé, il a hésité puis défini sa France : « la rente et l’abstinence ». D’abord la rente ! Tout ce qui permet de faire fructifier le capital au détriment du travail est appelée à la barre : le bouclier fiscal comme arme fatale pour défaire l’ISF. Le contrat unique comme glaive de la flexibilité. Les heures supplémentaires hors cotisation pour précariser les retraites. Le tout présenté dans un bas de soie : le travail.

Quant à l’international, Nicolas Sarkozy dresse le portrait d’une France qui s’abstiendrait de fixer un chemin pour l’Europe ; De déterminer une juste position vis-à-vis de l’Amérique de l’après Bush ; De proposer une ligne Franco Européenne au Proche orient et face aux bruits de bottes en Iran ; De répondre aux défis des « ateliers du nouveau monde » que sont la Chine et l’Inde. Nicolas Sarkozy est bien dans la continuité de Chirac, « l’ambivalence du drapé et le coup de menton ». Il nous faut frapper sur un seul clou, Sarkozy est une continuité dangereuse pour la France. Il faut renvoyer Nicolas Sarkozy a ce qu’il a été et sera : la continuité de Raffarin et Villepin. Celle que la France a sanctionnée dans les urnes et dans la rue.

Le PS et le « plan B »

Il est nécessaire que la Parti socialiste ait un « plan B » : « Bayrou, Buffet, Besancenot ». Le « bon usage » de ces trois candidatures, au-delà d’un 1er tour réussi, conditionne le succès du second. Nicolas Sarkozy a réussi médiatiquement à installer l’idée, d’une réddition du fortin Chiraquien ; renvoyé Villepin à ses gargouilles ; marginalisé, si ce n’est vassalisé de Villiers et contenu la charge de Bayrou.

Il se présente donc comme le candidat unique de l’UMP et le champion de toutes les droites. L’union sacrée du camp conservateur, ne va pas de soi, on le verra ! Mais dans l’instant c’est « l’apparence d’un quarteron de ministres derrière leur maître ».

La campagne participative, qui se veut méthode et réalité du changement présente l’immense avantage de démontrer que la gauche s’occupe des Français pendant que la droite se chamaille. Les Français ne la boudent pas. Et elle permet aussi de contourner le côté « cul plombé » de certaines sections et de mobiliser autour du PS. Ce qui ne fut pas obligatoirement le cas lors de la présidentielle de 2002. Elle reste toujours valide mais se déploie dans un nouveau climat. Où Nicolas Sarkozy « candidat sans entrave » multiplie les propositions, qu’il a oublié de mettre en œuvre dans ses gouvernements.

A l’évidence « l’on veut » que Ségolène Royal rentre dans cette bataille. Ce qui serait une erreur vis-à-vis du dialogue engagé avec des Français pour bâtir ensemble le changement ; Ou de cette nouvelle donne où Sarkozy semble maître de son camp. Sarkozy abat ses atouts, gardons nos cartes en mains. Et s’il y a candidature unique, cela fait une cible unique.

La montée de Bayrou, la persistance de Buffet et la tentation de Bové, offrent la possibilité au PS d’une contre offensive : souligner la césure à droite et la volonté anti libérale à gauche. Il ne s’agit pas de faire de la mandoline sous les balcons des trois « B ». Mais de démontrer qu’il existe dans le pays une majorité pour rompre avec les années Chirac et son « libéralisme sans boussole ». Il y a un axe de fait pour un vrai changement. Ainsi le PS ne se substitue pas à la candidate. Il augmente ses marges, au 1er comme au second tour. En installant ce paysage, il crée de la dynamique et protège la candidate de toute velléité d’un « pareil au même ».

Dominique Voynet « sauvée du Hulot » !

La non candidature de l’animateur de TF1 est à la fois sage et raisonnée. Sage car une fois son pacte écologique signé par tous, il était difficile de se présenter, puisque sa non signature devait être le prétexte à la candidature de Hulot.

Raisonnée parce qu’il vaut mieux dans ce moment de « basse eau » de la politique être un auteur qu’un acteur. Mais voilà un renoncement qui fait le bonheur des Verts. Ceci redonne en apparence de l’espace à nos amis. En apparence seulement car si Hulot se retire en raison de l’engagement des candidats pour son pacte écologique, cela sous entend que Nicolas Hulot admet plus ou moins leur engagement. Fort de ce brevet écologiste en bandoulière, les candidats seront difficilement bousculés en ce domaine par la candidate des Verts.

Il y a donc urgence pour nos amis de signer un pacte de gouvernement avec le PS. Ils démontreront l’utilité des verts à peser concrètement et écologiquement dans la politique. Dominique Voynet est « sauvée du Hulot ». Elle doit maintenant nager vers nous. Et le PS doit nager vers elle. Il y a urgence à bâtir une alliance durable et visible en ce domaine. Car si Hulot s’est retiré, il a jeté un trait d’encre sceptique sur l’engagement écologiste des candidats. Il y a ici non seulement un problème de fond. Mais aussi un gisement de voix.

Il règne comme un harcèlement médiatique

Décidément la moindre formule de Ségolène Royal est disséquée, amplifiée, déformée. Lorsque à propos du Québec elle dit que les peuples sont souverains. Nos amis Canadiens, qui en ce domaine ont la gâchette facile, traduisent « elle est implicitement souverainiste ». Franchement ce n’était pas « Vive le Québec libre ». Mais le simple constat que les Québécois vont voter et qu’ils doivent être libres de le faire. Mais il est devenu à la mode de la brocarder comme il l’était hier de l’encenser. Les récentes sorties politiques du 1er secrétaire n’ont pas aidé, mais c’est maintenant dépassé, parait-il.

Quant à nous, contrairement à ce qui est écrit ici ou là, nous ne sommes ni dans l’amertume, ni dans la flagornerie. Nous revendiquons le droit d’être nous même et utiles dans une campagne, où nous ne demandons rien et Ségolène Royal doit faire ce qu’elle veut.

DSK fut le premier à pilonner Sarkozy. Et à la lecture actuelle des argumentaires il n’a pas été sans influence. Il n’a pas applaudit toutes les déclarations de Ségolène Royal. Et alors ? Ce n’est ni son rôle, ni son statut, ni même ce qu’« on » lui demande. Il fut présent lors du rendez-vous au QG de campagne dans un moment délicat. Car il ne se trompe pas de combat. Bref, il est libre et loyal, dans la bataille.

Extrait du blog de jean-Christophe Cambadélis: ici

21.01.2007

Royal charge DSK d'une mission sur la fiscalité

La candidate PS demande à Dominique Strauss-Kahn de faire des propositions sur "les réformes du système de prélèvements".

Ségolène Royal a confié jeudi 11 janvier à l'ancien ministre de l'Economie et des Finances Dominique Strauss-Kahn, ainsi qu'à trois autres parlementaires PS, le soin de lui faire des propositions en matière de fiscalité et de dépense publique en vue de l'élaboration dans les prochaines semaines de son programme pour la présidentielle.

Ce faisant, elle fait une place dans son équipe à son ancien rival malheureux de la primaire du PS. Il sera épaulé dans cette tâche par le député fabiusien Didier Migaud, le sénateur François Marc et le député Eric Besson, par ailleurs secrétaire national du PS à l'Economie.

"Un euro dépensé doit être un euro utile"

Dans un communiqué, la candidate fixe la feuille de route: "établir un diagnostic et des propositions sur l'efficacité de la dépense publique" et "sur les réformes du système de prélèvements". "Ces propositions nourriront le programme présidentiel", dit-elle.

Ségolène Royal rappelle également les principes qui guideront son action en matière d'impôts et de dépenses publique, débat "légitime et même indispensable" en vue des élections: "un euro dépensé doit être un euro utile", "pas d'augmentation des prélèvements obligatoires, réduction des déficits, financement des priorités sociales et remise en cause des avantages fiscaux des plus privilégiés".

Jeudi, le patron du PS François Hollande avait estimé que 200.000 contribuables, dont le salaire excède 4.000 euros net, verraient leurs impôts repartir à la hausse si le PS remporte les élections du printemps. Ce sont ceux "qui sont dans les deux plus hautes tranches de l'impôt sur le revenu", a-t-il précisé dans "Le Parisien". "Il ne s'agit que d'une remise en cause des baisses d'impôts sur les plus hauts revenus proposés par la réforme Villepin 2007", a-t-il dit.

Fabius "disponible"

Autre adversaire de la candidate dans la primaire du PS, Laurent Fabius n'a toujours pas intégré le dispositif de campagne. "Je suis disponible", avait-il pourtant glissé mardi. Interrogé jeudi sur la place que l'ancien Premier ministre pourrait occuper, Julien Dray, porte-parole de Ségolène Royal, a répondu: le PS "est en train de mettre en place des réunion participatives: il va avoir à (en) animer". (AP)




Extrait du Nouvel Observateur: ici

L'Europe comme devoir

Saddam Hussein a été exécuté hier, peu avant 6 heures du matin. Nous ne le regretterons pas, mais certains commentaires sur sa mort me laissent pantois. Tout d'abord, parce qu'on ne saurait faire de la mort d'un homme un jour de joie, quel que fut son passé. Robert Badinter, citant Jaurès le jour de l'abolition de la peine capitale en France, disait : « La peine de mort est contraire à ce que l'humanité depuis deux mille ans a pensé de plus haut et rêve de plus noble ». Le sang du tyran ne lavera pas celui de ses victimes.

Ensuite, parce que sa mort ne résout rien. Je ne peux m'empêcher de sourire lorsque Georges Bush déclare que c'est « une étape importante sur la route de l'Irak vers une démocratie ». Sans évoquer le fameux rapport Baker, un autre rapport, fourni par le Pentagone lui-même et daté du 18 décembre , évalue à 22% la hausse du nombre d'attaques sur un an en Irak. La mort de Saddam Hussein ne peut qu'entraîner ses partisans à plus de représailles et plus de violence, faisant encore gonfler ce chiffre.

Qui plus est, sa disparition ouvre la voie à d'autres dictatures en devenir, pour la plupart liées à l'intégrisme religieux. Elles sauront mieux que personne se nourrir de la haine anti-américains que Washington a été si efficace à attiser.

L'Irak aurait depuis longtemps dû sonner le glas de la méthode unilatérale d'intervention des Etats-Unis. Et pourtant, l'entêtement et l'aveuglement semblent les seuls recours envisagés. Une question me taraude : Où est l'Europe ? Je suis convaincu qu'il n'y a pas de fatalité au terrorisme. Mais on le combattra plus efficacement par l'encouragement au développement économique que par l'occupation militaire. L'Europe aurait pu, aurait dû, être le messager de cette troisième voie. Son silence et ses déchirements n'en sont que plus assourdissants. La relance de l'Europe n'est pas seulement indispensable pour les européens dans la mondialisation. C'est aussi un devoir pour le Monde.


dsk



Extrait du blog de DSK: ici

Bloc de note de Jean-Christophe Cambadélis n°19

Le destin de l’empire Américain

La situation internationale est entrée dans les 40ème rugissant. George Bush sanctionné par son peuple, en minorité au Congrès, stigmatisé par la communauté internationale et désavoué par son clan via la commission Baker, persiste. Il décide d’envoyer en Irak plus de 20 000 hommes supplémentaires. Il doit partir de l’Irak, il le sait ; Peut-être même le veut-il, mais il ne peut le faire. Le Vietnam est donc là. Comment créer les conditions d’une retraite honorable ? Comment faire porter la responsabilité aux démocrates ? Comment réorienter sans se désavouer ? Hier il fallait éviter la réunification du Vietnam, aujourd’hui éviter la partition de l’Irak. Briser la nuque du fondamentalisme Chiite comme hier au Vietnam, celle du vietminh avant de partir. On spécule sur le revers de Ahmadinejad lors des municipales en Iran, on espère que la contestation estudiantine démontre un désaccord stratégique au sommet de la hiérarchie des Mollahs. Comme hier on spéculait sur les dissensions sino-soviétiques. On joue les communautés mais le fer sunnite est chauffé à blanc après l’exécution, à la veille de l’Aïd, de Saddam Hussein. On s’appuie sur les religieux comme on caressait les bonzes avant qu’ils ne s’immolent par le feu. La situation devient inextricable. Hier comme aujourd’hui les américains sont dans l’étau. Pire, un front plus insidieux s’ouvre… L’Arabie Saoudite fronce les sourcils devant l’axe Hezbollah / Damas / Téhéran / Bassora. Elle voit dans tout cela le prélude à un « affrontement arabe ».

La stratégie des néo-conservateurs Américains a affaiblit l’Amérique. L’objectif au-delà de l’assèchement du terrorisme était le pétrole pour le siècle à venir et la confrontation complice avec la Chine.

Et le résultat est là : Un axe entre l’Iran et le Venezuela dans le cadre de l’OPEP ; Le front Péroniste en Amérique Latine, battant en brèche le marché Panaméricain ; L’obligation de sous-traiter la Corée aux Chinois et la percée de ces derniers en Afrique ; L’impuissance devant la succession chaotique de Poutine et le réarmement énergétique Russe ; Le constat impavide de l’inexorable intégration de la « nouvelle Europe » dans l’Europe tout court. Partout les Etats-Unis sont en retrait. Partout leur hégémonie est battue en brèche.

Faut-il accentuer la politique impériale avant de rentrer à la maison ? Se demande l’Amérique. Alors que le spectre de la défaite Américaine en Irak est bien là. Nous entrons donc dans la phase des tournants brusques.

Après l’implosion de l’empire Soviétique dans les années 80-90, allons nous assister à l’anémie de l’empire Américain ?

On se souvient de la thèse de P. Kennedy. Le déclin des empires est dû au poids militaire et stratégique insupportable à la nation qui en fut la matrice. On n’en est pas là mais on n’en est pas loin.


Il faut aider Angela Merkel

La présidence Allemande de l’Europe intervient à un moment décisif. Il est illusoire de croire ou de faire mine de faire croire que tout commencera avec la présidence française. Tout commence maintenant. Ce qui n’aura pas été mis sur les rails, ne commencera pas avec la France. D’abord parce qu’un échec Allemand gripperait encore un peu plus le moteur Franco-Allemand. Ensuite parce que la France qui a dit « non » et qui ne pourra plus dire « oui » ne sera pas en position de force.

En tous cas si celui-ci existe c’est maintenant qu’il faut l’exercer. Car demain, soit nous paierons cher pour relancer l’union, soit nous passerons notre tour.

Il est, dans ces conditions, invraisemblable que Jacques Chirac qui ne cesse de dire qu’il faut gouverner jusqu’au bout, ne prenne aucune initiative en ce domaine. Il est urgent que la gauche interpelle le chef de l’Etat…


Avec Sarkozy tout est possible, même le pire !

Au cas où ceci vous aurait échappé, j’ai une nouvelle pour vous ! Sarkozy est candidat à la présidentielle ! La couverture médiatique fut démentielle. Et pour tous, tout fut formidable ! Sarkozy a réussit le coup du « beaujolais nouveau ». Vous savez ce vin qui n’est pas du vin, tout en étant du vin. Ça sent le fruit exotique qui fait passer le côté flottant du corps. La robe est impeccable, la com’ incontournable et la soirée impayable, aussitôt dit, aussitôt oublié ; Mais à haute dose, on a mal à la tête.

Le moment fut donc formidable ! Rendez-vous compte 100 000 militants. Encore que pour avoir fréquenté la salle, cela serait étonnant.

Mais l’impression est là… et c’est essentiel dans notre monde où tout est image. Formidable on vous le dit ! Regardez ! Le premier ministre est resté… 30 minutes… Et il n’a pas été sifflé… Il est vrai que cela relève de l’exploit, même à l’UMP. Car il est bien connu que cette dernière n’a rien à voir avec ce dernier. Il faut dire que le 1er ministre avait mis du sien pour faire vivre l’idée que Sarkozy et lui c’était la rupture. En voilà un qui aura gagné son bonnet d’âne.

Accréditer l’idée que ce pauvre Sarkozy n’avait rien à voir avec ce gouvernement, il fallait le faire ! Et bien Villepin l’a fait !

Jacques Chirac, lui, a dû être pris d’un vertige en regardant cette matinée « des morts vivants ». Car, ils étaient tous là, pour assister au sacre du « petit ». Tous ceux qu’il avait assassiné, délaissé, marginalisé ! Tous, fantômes du passé, de Balladur à Yves Guéna, de Chaban Delmas via sa veuve à Juppé. Sarkozy, « pervers pépère », avait bien fait le travail. Il reprend la famille sans inventaire. Il manquait Pasqua mais Carrignon et Balkany étaient là.

Le discours lui fut – parait-il fondateur – Il aime cela Sarkozy, c’est son côté Chirac… Avec ces deux là chaque discours est fondateur. Remarquez au boneto de Sarko, il y avait du nouveau. Le mot « rupture » a disparu ! Tout était continuité, union, rassemblement. C’est Sarko l’homme apaisé.

Celui qui se dépasse pour fusionner avec la nation et la guider vers l’avenir. Bref ! Au revoir Bush, Bonjour De Gaulle.

Sarkozy n’est plus dans l’après mais dans l’au-delà. Cette élection s’annonce décidément mystique !

Mais comme Ségolène Royal l’a fait remarquer par l’image du 20 h en tenant un agneau dans ses bras, « revenons à nos moutons »…

Pour emprunter à Dominique Strauss-Kahn le soir même au « Grand Jury » (LCI / RTL / Le Figaro), ce fut une « célébration plutôt qu’une désignation », « un évitement plutôt qu’un changement », « une régression plutôt qu’un espoir ».

Jusque dans la montée finale des hiérarques entourant l’élu, tous en faisaient, à l’image, corps avec la foule. L’UMP était un bloc. Mais il ne s’agissait que de Sarkozy. Un Sarkozy à ce point désigné que le plébiscite interdit toute velléité. On n’est jamais assez prudent.

Le bilan fut escamoté. Jacques Chirac eut droit à une brève poignée de main pour avoir autorisé l’impétrant à faire son premier discours, et à un hommage sans lyrisme excessif pour ne pas s’être trompé dans l’affaire Irakienne. Nicolas Sarkozy se sera le changement sans la continuité et son programme ne sera pas l’UMP.

Pourtant, au-delà de l’image, des discours, du discours, il y a un axe qui ne trompe pas.

Certes le mot « solidarité » ne fut pas prononcé mais il ne pouvait pas tout donner le bougre, il avait déjà évoqué Guy Moquet et Jaurès. Mais le mot « travail » y était surjoué.

Un hymne au travail qui n’est pas l’hymne au salaire, ni à la Sécurité Sociale, mais celui de l’effort. Une sorte de Ramadier qui stigmatisait déjà les congés payés du Front Populaire en criant « fini la semaine des quatre dimanches » !

Il y a chez Sarkozy une vision Mac Do du travail. Un petit salaire, c’est mieux que rien et puis on peut être le salarié du mois !

C’est le travail aux conditions du CAC 40, un travail qui ne vient pas perturber la rente.

Nicolas Sarkozy abandonne la rupture pour endosser une continuité de rupture. Franchement que personne n’ai trouvé à redire que le ministre de l’Intérieur ait pu s’offusquer du manque d’infirmières devant un ministre de la santé béat qui opine du chef. Il est vrai qu’il va devenir le porte-parole du chef. Tout cela en dit long sur le caractère hypnotique de notre « tout médias ».

Pourtant, pourtant les formules sur les syndicats, le bouclier fiscal, la constitution inchangée, l’Europe à peine évoquée. Tout cela en dit long mais nous y reviendrons.

Il ne suffit pas de se proclamer nouveau pour faire disparaître le passé et baliser l’avenir.

La bataille ne fait que commencer, mais ce discours a provoqué un effet collatéral inattendu.

Julien Dray a proclamé le retour de la droite violente, souligné le danger, alors que François Hollande a insisté sur la continuité.

Evidemment quand un Français sur deux estime que Sarkozy fait peur, la tentation est grande d’enfoncer le clou. Sarkozy fait peur à gauche et mobilise son camp à droite. Pensons y. Et donc le 1er secrétaire n’a pas tord de souligner la continuité. Peut être peut on suggérer aux deux amis de vingt ans… « Sarkozy ou la continuité dangereuse… ».

Le couple Ségolène Royal / François Hollande

Décidément le Parti socialiste aura toujours du mal avec la présidentielle. Son côté monarchique-républicain ne passe toujours pas. Le PS a toujours besoin de faire souffler l’esprit partisan. Il ne se déploie que dans l’enjeu de nouvelles frontières. Il ne se mobilise que lorsqu’il y a des bastilles à conquérir. Il ne vibre que lorsqu’on lui désigne l’ennemi.

Le Vème République, même abaissée, affaiblie, abâtardie, reste encore une « élection populiste ». Un moment très particulier de célébration démagogique où le candidat se doit d’être ce que veut le peuple.

En conséquence la Vème République provoque toujours la frustration démocratique. Du « je vous ai compris » à la « fracture sociale », l’ambiguïté est toujours aux commandes. Car il s’agit de construire le lien direct avec le peuple. Et celui-ci se bâtit dans l’espoir éphémère des promesses.

L’élection sous la Vème République induit le changement dans la réconciliation, c’est l’essence Bonapartiste des institutions. C’est pour l’avoir oublié que De Gaulle se présentant comme la continuité fut mis en ballottage en 1965 par l’homme des changements François Mitterrand.

La gauche n’est pas moins capable de gouverner ou de représenter l’intérêt général. Mais elle n’est jamais autant à l’aise que dans le débat, le clivage, la solution car la gauche est d’essence parlementaire.

Il suffit pour s’en convaincre de voir comment le candidat à la présidentielle fut sélectionné à gauche et à droite.

Alors quand la présidentielle arrive, la tension est toujours la même. Le candidat s’adresse aux électeurs de France alors que le PS s’adresse aux électeurs de gauche.

François Mitterrand en 1981 se présenta sous la forme de la « force tranquille » mais on dû rapidement adjoindre une autre image. Celle du candidat, l’écharpe rouge au vent, marchant sur la grève avec comme slogan « le socialisme, une idée qui fait son chemin ». En 1988, le côté « France unie », « génération Mitterrand » eut le don d’exaspérer le PS. La mise en place d’un état-major pluraliste avenue Franco-Russe acheva de désespérer Solférino et Lionel Jospin parti impetto en vacances. Il fallut que Isabelle Thomas déclare lors d’une conférence de presse que Devaquet, ministre qu’elle avait combattue en 1986, avait sa place dans l’équipe de Mitterrand. Pour que Jospin revienne dire « Devaquet n’est pas de gauche, les socialistes le sont ». Et précisément ce fut le même qui dira que « [son] projet ne l’était pas » lors de la présidentielle en 2002, car il s’agissait d’un projet pour la France. Il s’attira les foudres de Pierre Mauroy, sous l’œil bienveillant de François Hollande qui supportait difficilement « l’atelier » de campagne animé par Jean Glavany et la relégation du PS. Entre temps, le Parti socialiste a dû s’avaler le slogan de campagne « ici bat le cœur de la France »montrant un hémicycle vide, qui fit s’étrangler Pierre Mauroy. Et le « Jospin c’est clair » de la campagne de 1995 ne fut pas franchement amical pour le PS de Henri Emmanuelli. Ce dernier passablement tricard, resta à Solférino pendant que certains complotaient déjà à contrarier le retour de Jospin à la tête du PS, anticipant la défaite. Tout cela pour dire que l’équilibre entre le candidat et le PS n’est pas chose aisée. Cela ne préjuge ni de la victoire ni de la défaite.

Patrick Menucci, avec une délicatesse toute gargantuesque voulut indiquer dans Le Monde que le problème ne se posait pas parce que « Ségolène Royal avait le Parti socialiste dans son lit ». Pas sur, au passage, que la formule ait été appréciée, mais l’image se voulait définitive. Elle le fut et ce qui est un classique est devenu miel de l’info.

François Hollande veut du clivage, de l’identifiant, de la dynamique. Il a en tête le spectre de 2002. Ségolène Royal aussi. Elle ne veut pas subit la pression mais conduire la pression de sa campagne. Cette nuance sur les temps, autre grand classique socialiste, devient querelle d’entourage. D’autant que François Hollande s’aventure sur le terrain fiscal. Mais « qu’a-t-il été faire dans cette galère ? » N’y avait-il pas d’autre sujet que de préempter le « réacteur nucléaire » du financement du projet ? A moins de vouloir sous entendre : « Rien de fiscal ne se fera sans moi ». A la veille de l’intronisation de Sarkozy, n’ouvrait-il pas le flanc à la critique sur l’augmentation des prélèvements ? Pire il alimentait la pompe à spéculations sur ses intentions. Et provoquait la lecture-sanction de la nomination de DSK. Alors que la candidate cherchait surtout à faire un signe de rassemblement.

François Hollande a dû transformer ce sujet en simple contribution. Il touche ainsi les limites du régime des partis sous la Vème République. Episode dans la campagne qui ne doit pas devenir « l’Episode » de la campagne.

Il faut donc poursuivre… Doit-on hâter le pas et répondre à Sarkozy comme l’exige les médias alléchés par le match ? Et ceci au risque de donner du grain à moudre à la thèse : Royal accélère le pas contrainte par Sarkozy. Il n’y a aucune raison de se laisser impressionner. Mais il est peu probable que la presse apprécie.



Le retour de Bové

Les premiers pas de la campagne présidentielle installe le « quadrille bipolaire » et semble préfigurer une évolution certaine, le bipartisme. L’UMP et le PS flanqués du bipopulisme, celui du Front National et des antilibéraux. Paysage que cherche à bousculer avec beaucoup de constance et un certain talent François Bayrou, mais la dénonciation des médias ne suffira pas.

Au passage, les vœux de Le Pen nous ont intrigué. Jean-Marie Le Pen qui n’est pas le « perdreau de l’année » en politique, connaissait pertinemment les conséquences de son annonce. Dire qu’il serait au deuxième tour face à Ségolène Royal, à la veille du Congrès de l’UMP, c’était provoquer le réflexe utile en faveur de Sarkozy.

Il faudra revenir sur les raisons de ce coup de pouce. A moins que ce soit l’histoire classique du vieil homme et de sa fille à qui l’on ne souhaite pas la marginalité. A voir. Mais à l’autre bout de l’échiquier, la situation est en train d’évoluer.

La pétition lancée par le philosophe Onfray, en faveur de José Bové peut faire quelques dégâts. Le premier visé est Besancenot. Peinant à obtenir ses signatures, contesté au sein de la LCR, au point que des démissions se font spectaculaires.

Voilà notre postier qui a touché un vélo tout neuf, un peu à plat.

Si la dynamique pour Bové prend, il va avoir un gros saut de chaîne. Et il n’est pas sur que Marie Georges Buffet puisse dans ces conditions continuer à plaider que le seul moyen de ne pas choisir entre les deux gauches, c’est de la choisir. D’autant que les rénovateurs viennent de lancer un regroupement communiste interne-externe qui n’annonce rien de bon pour le PCF.

Car Onfray a pris soin de dire que la réalité, voir le réalisme, imposait de voter Ségolène Royal au deuxième tour et Besancenot – signatures oblige – et a jugé le ministre de l’Intérieur dangereux. Voilà qui réduit la spécificité de Marie Georges.

Rien n’est fait mais « tout est possible » comme disaient Marceau Pivert… Et Nicolas Sarkozy…

Extrait du blog de jean-Christophe Cambadélis: ici

Bloc de note de Jean-Christophe Cambadélis n°18

Irak ou la crise du monde occidental

Le rapport Hamilton-Baker marque la mort de la théorie de la guerre préventive et le désastre néo-conservateur américain. Symbole, quelques jours plus tard, le décès de Pinochet vient rappeler que c’est au chili que ce courant fit ses premiers pas.


L’armée américaine et les Etats-Unis sont donc « pat ». Ils ne peuvent rester, ils ne peuvent partir. La démocratie parachutée à la suite des bombes s’est mise en torche et a pris feu dans les faubourgs de Bagdad.


Comment les Etats-Unis pourront-ils continuer une guerre, dont il fait consensus, qu’elle ne peut être gagnée ? Comment pourront-ils agir, alors que l’opinion publique américaine va prendre appui sur le fameux rapport pour que « cela cesse » ? Pire, le fait d’énoncer la nécessité évidente, de mener des discussions avec les voisins Syriens et Iraniens, affaiblit le gouvernement présidé par Talabani. Ce dernier vient de déclarer : « ce rapport est une atteinte à la souveraineté de l’Irak ».


On comprend pourquoi ! La négociation risque de déboucher sur un tutorat iranien dans le sud irakien pétrolier. Et dans le même temps le Hezbollah utilise la conjoncture pour tenter de renverser le gouvernement anti syrien de Fouad Simioroa.
La France est-elle prise au piège dans le sud Liban, entre les survols israéliens et le virage stratégique du Hezbollah ? Ce dernier a tourné le dos à la frontière israélienne pour concentrer toutes ses forces à Beyrouth.
Les Chiites laïques ou religieux triomphent au moment où le prince Abdula réunit les royaumes du Golf, pronostiquant ou menaçant d’une explosion du monde arabe.


La guerre de Georges Bush gagée sur un mensonge a gâché les chances du monde occidental. Il y a fort à parier que le bourbier irakien sera le prélude à l’isolationnisme américain qui va avoir fort à faire avec l’arrière cour américaine.


L’Amérique latine s’émancipe avec la décision de fonder un marché continental à La Paz avec un Parlement latino-américain, à l’image du Parlement européen. Cette nouvelle donne marque la défaite de la conquête américaine et de son axe Mexique-USA-Canada.


Nous, nous pourrions nous réjouir d’avoir eu raison. Nous pourrions fanfaronner sur le désengagement américain. Oui, si l’Europe était unie ou en marche. Alors qu’à ses marges la guerre de succession fait rage à Moscou, l’Europe à pas de tortue est bien fourbue.


Ainsi va le monde… disait l’autre ! Plutôt, ainsi se décompose l’ancien monde.



Le Téléthon de Sarkozy

Le forum de l’UMP fut une sorte de Téléthon pour Sarkozy, où chacun versa son obole au candidat unique de l’UMP. Ce dernier peaufina son image de « continuité tranquille » pour présenter le minimum de prise au « tous sauf Sarkozy ». Le reste fut anecdotique et soporifique. Le deuxième forum à Lyon sera, parait-il, plus amusant ? Il a pour titre « l’égalité » et tournera autour de l’importante question : Villepin viendra t-il ? Permettra t-il à Sarkozy de nous expliquer en quoi l’égalité a progressé en 5 ans et pourquoi il faut tout changer ?



Chevènement : « Ségo. What else ? »

Et oui, en trois semaines, Jean-Pierre Chevènement a déjà tout dit à la France. Il a pesé dans le débat français et obtenu… 10 circonscriptions. Après avoir fortement souhaité la candidature de Laurent Fabius, il espère la victoire de Ségolène Royal – aveu que la dernière fois, il ne voulait pas celle de Jospin –. Pour récupérer quelques sièges aux parlements et rentrer dans le rang ? Le fait que ce soit Ségolène Royal et pas le 1er secrétaire du PS qui soit venue aux fiançailles en dit long sur les limites du rapprochement Chevènementiste.


Les antilibéraux, toujours pas nantis ?

La stratégie du PCF fut basée sur « l’analyse de classe » du « non ». Mieux, sur le fait que ce dernier réorganisait l’ensemble de l’espace public à gauche. Nous avions dans ces colonnes mis en garde contre ces illusions. Et la contre performance de Laurent Fabius dans le PS ne démontre pas le contraire.


L’équipe dirigeante du PCF pensait refonder le PCF dans l’altermondialisme, rebaptisé antilibéral. La LCR n’a pas voulu mettre le pied dans une aventure dont elle estimait qu’elle se terminerait dans les bras du PS. Ce que Marie Georges Buffet ne dément pas lorsqu’elle indique avec raison : « il faut travailler à une dynamique populaire capable de battre la droite et l’extrême droite ». José Bové n’a pu être le trait d’union de toutes ces gauches - pas facile de faire naître un OGM ! - Jean-Luc Mélenchon tâta l’eau et la trouva décidément trop glacée. Le PCF mis ses troupes au service des comités de base locaux, et a finit, dans ces conditions, par être désigné. Mais voilà, ni Clémentine Autain, ni Yves Salesse, ni une partie des comités ne veulent de Marie Georges Buffet pour drapeau. L’OPA fusion/absorption du PCF sur les anti libéraux ne pu fonctionner, tout simplement parce que c’est le PCF et que ce sont des antis !


Résultat : le PCF a pris -pour l’instant- ses distances vis-à-vis de la gauche du changement. Les électeurs de gauche chauffés à blanc par la nécessité de battre Sarkozy ne risquent pas de le féliciter. Mais, dans le même temps, le PCF n’a pas réussit à prendre la tête du mouvement anti libéral et les électeurs de cette partie de la gauche risquent de ne pas l’oublier.

Marie Georges Buffet sera candidate - tant mieux -, reste à trouver les raisons de cette candidature.



L’alliance du changement

Il y a eu au cours de ce week-end, une bonne nouvelle. Nous serons au second tour et une moins bonne, nous avons un peu moins de réserves pour celui-ci. Pour battre Sarkozy, il faut, comme le dit Ségolène Royal, une dynamique plutôt qu’une arithmétique électoral. La martingale nous parait imparable jusqu’au soir du premier tour…


Il faut créer l’alliance du changement face à Sarkozy qui veut l’union dans la continuité. Il y a, nous l’avons déjà dit, un vrai espace politique majoritaire qui ne veut ni la rupture Sarkozienne ni la continuité Chiraquienne. Il s’est exprimé dans la rue contre le CPE. Il va d’une l’UDF libérée de la tutelle de l’UMP aux anti libéraux lestés par la nécessité de battre l’UMP.


Il n’a pas de programme commun mais un objectif commun : Nous avons tous une raison de dire NON à Sarkozy ! Et ceci recèle un espoir extrêmement mobilisateur : Changer la République ! Pour qu’elle retrouve, à tous les niveaux, de la voix, des principes et de l’efficacité.


Après 12 ans de mensonges, de reniements et de faux semblants. L’espoir est grand de changer pour fonder l’égalité réelle, la liberté ordonnée et la fraternité laïque.


Extrait du blog de jean-Christophe Cambadélis: ici

Toutes les notes