« Le 16 novembre, votez DSK | Page d'accueil | Strauss-Kahn : "Les cartes peuvent encore être rebattues" »
15.11.2006
PS : Taxés de "machisme", DSK et Fabius ripostent
La fin de campagne de Royal est "assez indigne", considère Strauss-Kahn, qui "n'accepte pas que sans la moindre preuve on (lui) prête des propos machistes".
Dominique Strauss-Kahn a qualifié d'"assez indigne" les accusations de sa rivale Ségolène Royal en cette fin de campagne interne. Il l'a accusé mercredi 15 novembre de lui "prêter des propos machistes sans la moindre preuve".
"Le féminisme est une belle cause. On ne la grandit pas en utilisant des arguments de ce genre", a-t-il déclaré sur Europe 1, invitant la députée à faire "du féminisme par la preuve".
Dominique Strauss-Kahn a observé que "dans l'équipe de Ségolène Royal, il ne voyait pas beaucoup de femmes", alors que "autour de moi, j'en vois beaucoup"."Je n'accepte pas que sans la moindre preuve on me prête des propos machistes" qui sont "faux", a-t-il plaidé.
Dominique Strauss-Kahn estime avoir passé la campagne interne à "essayer de proposer", tandis que "Ségolène Royal a passé cette campagne à corriger ses déclarations, à les modifier. Cinq semaines de campagne, cinq corrections majeures", a-t-il dit, citant la carte scolaire, l'encadrement militaire, les jurys citoyens, le nucléaire iranien et les enseignants.
"Un refrain qui vise à justifier toute lacune"
Deux proches de Dominique Strauss-Kahn ont elles aussi donné de la voix, mardi, afin de mettre Ségolène Royal en garde.
Lundi soir, lors d'un meeting à Paris, la candidate avait accusé Dominique Strauss-Kahn d'avoir tenu ce propos machiste au terme du dernier débat télévisé du PS: "elle aurait mieux fait de rester chez elle au lieu de lire ses fiches-cuisine".
Des propos "mensongers", selon la strauss-kahnienne Catherine Trautmann."Depuis le début de la campagne, l'argument du machisme de ses compétiteurs est un refrain lancinant qui vise à contrecarrer tout argument adverse et à justifier toute lacune de sa part", s'est agacée l'ancienne ministre de la Culture. "DSK n'a pas construit sa campagne sur la faiblesse de Ségolène Royal en tant que femme, mais sur la différence de leurs propositions politiques", a-t-elle tancé.
"S'enfermer dans une plainte factice"
"Ségolène Royal a attaqué scandaleusement Dominique Strauss-Kahn en lui attribuant des propos misogynes qu'il n'a jamais tenus", a renchéri Catherine Tasca, également ancienne ministre de la Culture. "Ce n'est pas rendre service à la cause des femmes, à laquelle je suis profondément attachée, que d'utiliser constamment l'argument de la féminité malmenée et s'enfermer dans une plainte factice, au lieu d'affronter sereinement le débat politique", a-t-elle sermonné.
Egalement mis en cause, Laurent Fabius a démenti mardi soir les accusations de Ségolène Royal.
La candidate l'accuse d'avoir déclaré à son sujet lorsqu'elle s'est lancée dans la campagne pour la primaire: "qui va garder les enfants?"
"La phrase qu'elle a citée, je l'ai démentie dix fois, ça n'a aucun sens", s'est justifié Laurent Fabius sur France-2.
"Ne pas se victimiser soit même"
"Ceux qui me connaissent, savent que je ne suis pas machiste bien au contraire", a poursuivi le député PS de Seine-Maritime. "On peut avoir des désaccords politiques (...) Il faut les traiter bien sûr, mais ne pas se victimiser soit même".
Et Laurent Fabius de rappeler qu'au congrès de Dijon du Parti socialiste en mai 2003, il était le premier à dire "je veux une loi contre les signes religieux à l'école, parce que le foulard, le voile c'est une atteinte au droit des femmes".
"Les dirigeants du Parti socialiste à l'époque étaient d'un avis différent. Mais grâce aux militants j'ai emporté la conviction. Donc quand on parle de machisme attention", a conclu Laurent Fabius.
Extrait du Nouvel Observateur.
12:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Socialiste, DSK, Vanves, 92, Hauts-de-Seine, présidentielle, 2007
Commentaires
Je suis d’accord avec Segolene Royal; L’action des élus a besoin d’être contrôlée. C’est une évidence et comme toute évidence la proposition de Madame Royal se situe au-dessus du clivage droite gauche; ce qui me convient assez bien. Cependant la proposition de madame Royal pose des questions sans apporter les solutions. Comment organiser ce contrôle citoyen sans le dénaturer, comment l’installer dans la durée, comment passer outre le désintérêt du citoyen de base pour la chose publique ? Le contrôle des élus par l’électeur c’est ni plus ni moins que l’exercice de la souveraineté par le peuple. Souveraineté confisquée par les élites et les élus. Le rétablissement de la souveraineté populaire à l’intérieur et le rétablissement de la souveraineté nationale à l’extérieur sont des priorités qui exigeront un effort constant.
Les outils juridiques pour organiser la démocratie de proximité existent. Je prends pour exemple les articles L.2141-1, L.2142-1, 3, 4, et L.2143-2 du code général des collectivités territoriales. Mais qui s’en souci ? Il faut par exemple réformer le code des collectivités locales pour redonner aux conseillers municipaux l’espace qu’ils n’auraient jamais du perdre. C’est n'est pas normal qu’un conseiller s’abstienne systématiquement d’intervenir en conseil municipal sous prétexte qu’il a été élu sur la liste du Maire !!
Ecrit par : Alain | 17.11.2006
Bonjour
Merci pour le commentaire.
Effectivement des questions se posent sur le contrôle des élus. En particulier, le poids de l'éxécutif par rapport aux assemblées. C'est vrai pour le parlement, mais aussi dans les conseils municipaux, généraux et régionaux.
Donner un statut aux élus, faire que les parlementaires aient pour seul mandat leur mandat de député, voilà qui devrait redonner du poids aux assemblées. Et c'est le projet du PS.
Ecrit par : Stéphane | 18.11.2006