« Lancement du manifeste de Socialisme et Démocratie ! | Page d'accueil | Tribune de DSK dans le nouvel obs »

08.06.2007

DSK sur les mesures Sarkozy: "un chèque" des plus pauvres aux plus riches

Dominique Strauss-Kahn a estimé jeudi que le "sens profond" des "lois scélérates" que prépare Nicolas Sarkozy, c'est que "ceux qui travaillent dur et qui gagnent peu vont faire un chèque à ceux qui gagnent le plus", lors d'une réunion publique à Sarcelles.

"La rupture ça va être la cassure, la création de deux France avec ceux qui profitent des mesures annoncées par le gouvernement et ceux qui ne peuvent pas en profiter et pour qui ça va aller de plus en plus mal", a déclaré le dirigeant socialiste, candidat à sa propre succession dans la 8ème circonscription du Val-d'Oise.


Revenant sur les différentes mesures annoncées ces derniers jours par le gouvernement, M. Strauss-Kahn s'en est d'abord pris à la franchise sur le remboursement des frais de santé qui va aboutir, selon lui, à la mise en place d'une sécurité sociale "à deux vitesses, où ceux qui peuvent sont soignés et ceux qui ne peuvent pas payer sont moins bien soignés".

Selon lui, c'est le tiers des Français les plus riches qui vont bénéficier de la mesure sur la réduction des droits de succession.

Devant quelque 200 sympathisants, le leader socialiste a également estimé que la mesure sur les emprunts immobiliers n'allait pas aider les Français à devenir propriétaires puisque la plupart de ceux qui vont en profiter sont déjà propriétaires.

Cette mesure aura pour conséquence "de transférer de l'argent de ceux qui ne sont pas propriétaires vers ceux qui sont propriétaires", a-t-il affirmé.

Sur la défiscalisation des heures supplémentaires, qui "va coûter très cher, 6 milliards d'euros", le candidat socialiste a estimé que "dans la réalité, le salarié ne peut pas choisir de travailler plus" et que les chômeurs auront de "plus en plus de mal à trouver un emploi."

Rappelant que le PS a perdu trois fois de suite l'élection présidentielle, l'ancien challenger de Ségolène Royal a martelé: "il faut que ce parti change". "On a besoin d'inventer ce que c'est que d'être de gauche au XXIème siècle" pour espérer l'emporter dans cinq ans, a-t-il ajouté.

"Pourquoi la gauche, au premier tour de l'élection présidentielle, a eu le score le plus faible de la Vème République?", s'est-il demandé. Parce que les Français ont eu l'impression qu'on leur racontait "la même chose qu'il y a cinq ans", a-t-il dit.

Estimant que Nicolas Sarkozy avait eu "l'air d'avoir un discours cohérent et la volonté d'avancer" lors de la campagne, il a précisé: "j'en connais dans cette salle qui ont voté Sarkozy pour des raisons que je ne peux pas approuver mais que je peux comprendre".