03.02.2007

Lancement du manifeste de Socialisme et Démocratie !

Bonjour à toutes et à tous,

Lors de la réunion nationale de ses réseaux, le 17 décembre 2006, Dominique Strauss-Kahn a proposé la mise en chantier d’un « manifeste social-démocrate ».

L’idée n’est pas de « figer » une fois pour toute une identité mais de mieux définir un socle d’analyses, de valeurs, d’orientations politiques communes à un certain nombre de militants et d’acteurs, dans et hors du parti socialiste.

La rédaction de ce manifeste bénéficiera évidemment de l’important travail idéologique et programmatique qui a déjà été mené depuis 2002 par DSK et l’ensemble des réseaux de Socialisme et Démocratie et d’A Gauche, en Europe. Mais elle doit aussi permettre à tous ceux qui le souhaitent de contribuer à la réflexion collective autour de cette nouvelle identité sociale démocrate qui a été assumée par Dominique Strauss-Kahn à l’occasion de la primaire : que recouvre exactement cette notion en terme de valeurs, d’objectifs politiques et de méthode ? Comment se positionne-t-elle par rapport aux diverses traditions politiques de la gauche et de la société française ? Comment intègre-t-elle, au-delà des grandes questions économiques et sociales traditionnelles du socialisme, les nouveaux grands enjeux : l’enjeu écologique, l’enjeu démocratique, la prise en compte de l’individualisme contemporain,… ? A quel projet historique peut-elle correspondre à court et moyen terme ? A quel idéal de société et de civilisation renvoie-t-elle à long terme ? Sur quels acteurs et rapports de force peut-elle effectivement s’appuyer ?

Nous sommes pleinement engagés aujourd’hui dans la campagne présidentielle de notre candidate, Ségolène Royal. Mais il n’est pas inutile de poursuivre parallèlement une réflexion collective sur ces questions. Car les réponses à celles-ci seront aussi les chantiers de la victoire. La gauche française aura besoin demain de ce peuvent lui apporter Dominique Strauss Kahn et tous ceux qui veulent faire vivre en France un espace social démocrate.

Géré par un groupe de pilotage représentatif de la sensibilité sociale-démocrate sur les territoires, ce blog est destiné à accueillir toutes les contributions visant à nourrir la rédaction de ce manifeste. Un bilan d’étape sera effectué à la fin du mois de février. Puis un texte de synthèse sera mis en discussion.

Comment déposer vos contributions?

Deux options s'offrent à vous. Soit en laissant votre contribution en commentaire sur le blog du manifeste de Socialisme et Démocratie. Soit en envoyant vos textes à l'adresse suivante: dsk@gauche-en-europe.org .

A vos plumes !

Equipe DSK

Extrait du blog de DSK: ici

21.01.2007

Notre société est en péril

Bonjour à toutes et à tous,

La lutte contre les inégalités est constitutive de l’identité social-démocrate. Dès 2004, je soulignais dans un ouvrage publié à la Fondation Jean-Jaurès, Pour l’Egalité Réelle, l’accroissement rapide des inégalités dans notre pays et l’inefficacité de notre modèle à mettre un terme à ce que j’appelle les inégalités de destin. Dans 365 Jours, Journal contre le renoncement (2006), je rappelais la nécessité de combler les écarts de revenus grandissants entre les Français et l’urgence à remettre en marche l’ascenseur social. Tous les jours, à Val-de-France, la communauté d’agglomération que je préside et qui est la plus pauvre de France, la montée des inégalités est une réalité contre laquelle je me bats.

Quelques semaines avant la fin de l’année, différents éléments viennent corroborer ce constat.

Une récente étude de testing menée dans six villes du Val-de-Marne est parvenue à la conclusion qu’en moyenne 14% des médecins refusent de recevoir des patients parce qu’ils sont bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle (CMU). Ce chiffre grimpe jusqu’à 39% pour les dentistes. Ils refusent ainsi de se soumettre à une double obligation, à la fois déontologique et légale.

La Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) a statué : ce refus de soin est une discrimination. Elle en appelle aux instances disciplinaires de l’ordre des médecins pour faire respecter aussi bien le code de déontologie que la loi. C’est une urgence absolue : encore une fois, ce sont ceux qui en ont le plus besoin qui sont privés de soins.

Je tiens aussi à saluer ici le travail des Restos du Cœur : c’est le deuxième élément. Ils ont lancé lundi dernier leur 22ème campagne. Ils sont devenus indispensables pour des centaines de milliers de démunis et de sans-abris, qu’ils aident à survivre pendant les mois d’hiver. Mais leur action ne doit pas conduire à nous voiler la face : ceux qui ont besoin des Restos du Cœur pour survivre sont chaque année plus nombreux. Ils ont ainsi augmenté de 6% entre 2004 et 2005.

Enfin, plus récemment encore, un sondage commandé par Emmaüs a révélé que 48% des Français pensent qu’ils pourraient devenir un jour SDF (62% des 35-49 ans et 74% des ouvriers !). C’est un chiffre lourd de sens. Il en dit long sur le fait que l’avenir, pour beaucoup de nos concitoyens, n’est plus rien d’autre qu’un facteur d’inquiétude.

J’ai voulu parler dans le même post du problème de l’accès aux soins des bénéficiaires de la CMU, des Restos du Cœur et de l’étude d’Emmaüs pour une raison simple. Ce sont trois facettes d’une même réalité : après cinq années de gouvernements de droite qui n’ont pas su enrayer la machine à fabriquer des inégalités, notre société se fragmente sous nos yeux.

Je veux le réaffirmer ici avec la plus grande force : la lutte contre les inégalités est au cœur de mon engagement politique. C’est le premier des combats pour les socialistes. C’est un défi pour la gauche.

dsk




Extrait du blog de DSK: ici

La génération précaire

Bonjour à toutes et à tous,

Le 29 septembre dernier, le Tribunal de Grande Instance de Paris a condamné le dirigeant d’une PME parisienne à 25 000 euros d’amende et à 6 mois de prison avec sursis pour « travail dissimulé » : il employait cinq stagiaires non rémunérés pour effectuer un travail que les juges ont estimé être celui de salariés sous contrat.

Chaque année, 800 000 conventions de stage sont signées. Selon l’Agence pour l’emploi des cadres (APEC) 90% des étudiants de niveau Bac+4 ou plus ont fait au moins un stage. C’est un chiffre colossal, qui comprend aussi bien les stages réalisés dans le secteur public que dans le privé. Encore une fois, ce sont les jeunes qui se trouvent en première ligne. Trop souvent, un stage faiblement indemnisé, ou même non rémunéré, est devenu pour eux une antichambre obligatoire pour espérer décrocher un contrat de travail plus durable.

Les conséquences sont nombreuses : les inégalités s’accroissent entre ceux qui ont des moyens suffisants pour occuper une activité non rémunérée et les autres ; les salariés sont mis en concurrence avec des stagiaires souvent plus qualifiés qu’eux, mais qui sont obligés de se contenter d’une rémunération moindre ; les diplômés auxquels on ne propose que des stages - et ils sont nombreux - choisissent souvent de quitter le pays.

C’est pourquoi cette décision de justice revêt une importance capitale. Elle amorce un virage de la jurisprudence en faveur des centaines de milliers de stagiaires que compte aujourd’hui notre pays. C’est aussi une décision qui doit beaucoup au travail de Génération Précaire. Je les ai rencontrés il y a quelques semaines, et j’ai décidé de leur apporter mon soutien en signant leur pétition (vous pouvez le faire en cliquant ici). Je les félicite pour leur mobilisation.

Le statut des stages en entreprise date de 1978 ! Il est plus que temps de le réformer. Il est plus que temps d’interdire les stages non rémunérés. Il est plus que temps d’introduire une progressivité de la rémunération en fonction de l’âge, du niveau d’étude et de la durée du stage !

C’est, une fois de plus, une question de volonté politique.

dsk


Extrait du blog de DSK: ici

04.11.2006

Dominique Strauss-Kahn propose de "casser la machine à faire des pauvres"

Interview parue dans le journal Le Monde le 3 novembre 2006

Vous affirmez que la tendance en faveur de Ségolène Royal s’inverse, que vous êtes désormais en mesure de la battre. Sur quoi vous fondez-vous ?

Depuis que les candidatures ont été déposées, début octobre, chaque jour qui passe, la donne change. Il y a un mouvement réel. Je le sens lors de mes déplacements et de mes contacts.

Les sondages, qui ne concernent que les sympathisants, ne peuvent prédire le vote des militants. J’ai la conviction qu’il peut y avoir un deuxième tour et que, si tel est le cas, il sera très ouvert. Je ne vois pas la réserve de voix dont pourrait disposer Ségolène Royal.

Et la vôtre ? Qu’est-ce qui pourrait inciter les militants fabiusiens à voter pour vous ?

Si nous avons eu des différences sur la question européenne, leur conception de la politique est très proche de la mienne.

Quelle est-elle ?

C’est le sens de la responsabilité politique, c’est le rejet d’une démocratie d’opinion. C’est le sentiment qu’il faut construire le combat politique sur des convictions, et la conviction que les problèmes principaux des Français sont des problèmes économiques et sociaux et non des problèmes qui s’organisent principalement autour du rappel à l’ordre.

Plusieurs cadres jospinistes ont réclamé de pouvoir voter blanc lors du scrutin interne. C’est donc que vous n’êtes pas leur candidat naturel...

Ce n’est pas ce que je constate sur le terrain - bien au contraire ! Ceux qui ont été déçus que la candidature de Lionel Jospin ne se traduise pas dans les faits ne voteront pas pour Ségolène Royal - d’ailleurs Lionel Jospin s’est lui-même exprimé là-dessus -, ne voteront pas pour Laurent Fabius, et ils voteront quand même, parce qu’aucun socialiste aujourd’hui n’a envie de rester à l’écart du choix qui va être fait pour 2007.

Regardez ce qu’a écrit dans vos colonnes Alain Geismar, qui a été un jospiniste "pur et dur ", et qui donne une argumentation imparable : "J’ai vu trop de gens pleurer le 21 avril 2002 pour ne pas faire le choix de la raison." Et ce choix, c’est : je ne veux pas voter pour l’une, je ne peux voter pour l’autre, donc je voterai pour Dominique Strauss-Kahn.

Ségolène Royal vous a ravi l’image de la modernité. Cela vous irrite-t-il ?

Je n’ai jamais cessé de considérer que j’incarnais la modernité ! Pendant un temps, j’ai eu, c’est vrai, une difficulté à faire valoir dans les médias ce que je pensais. Il est vrai aussi que Ségolène Royal incarne quelque chose de neuf. Je partage avec elle le fait de vouloir une rénovation du parti, de la vie politique et du pays. Simplement, nous n’incarnons pas la même modernité.

Qu’est-ce qui vous distingue de vos deux rivaux ?

Aujourd’hui, il y a deux stratégies politiques différentes entre lesquelles les adhérents vont devoir choisir - celle de Ségolène Royal et la mienne. D’abord, les priorités. La mienne est économique et sociale : il est vain de chercher à résoudre la crise de la représentation si les Français n’ont pas de réponse à leurs difficultés économiques et sociales. Or elle défend avant tout l’idée de l’ordre, juste dit-elle. Ensuite, la cohérence. La mienne est clairement social-démocrate, fondée sur un ensemble de convictions et ayant l’ambition de proposer une offre politique nouvelle. Je considère l’autre stratégie davantage "attrape-tout" : c’est d’abord une volonté de répondre au coup par coup à des demandes contradictoires de l’opinion.

Enfin, la conception de la fonction présidentielle. Je veux un président de la République engagé, qui se batte pour les convictions sur lesquelles il a été élu. Je ne veux pas d’un président attentiste. De ces trois différences, j’en tire une quatrième, décisive pour battre la droite : la priorité économique et sociale, la cohérence des propositions et la présidence engagée, voilà ce qui semble nécessaire pour rétablir la confiance. Je suis pour une société de confiance alors que je vois assez fortement une société de suspicion sur certaines propositions qui ont été faites, comme celle sur les jurys populaires.

Et Laurent Fabius ?

Il est volontiers critique à l’égard de la social-démocratie. Il a un programme traditionnel de la gauche française qui s’appuie presque exclusivement sur la décision d’Etat et qui, je le crains, est devenue insuffisante dans le monde d’aujourd’hui.

Que direz-vous aux militants si vous êtes qualifié pour le second tour ?

Je les appellerai à voter utile. Voter utile, c’est avoir à l’esprit que la gauche ne peut gagner que si elle montre un autre chemin et que si ce chemin est jugé praticable. Les Français rejettent le libéralisme que proposent la droite et - plus encore - Nicolas Sarkozy, mais ne sont pas encore disposés à voir dans ce que proposent les socialistes un chemin praticable.

Si nous ne sommes pas capables de montrer que notre modèle de solidarité peut survivre dans la compétition internationale et qu’il peut aussi apporter à la France la compétitivité nécessaire, alors les Français voteront pour Nicolas Sarkozy. Ma conviction est que seul mon projet d’une société de confiance peut le battre.

Pourquoi avoir combattu les 35 heures face à Martine Aubry alors que vous les aviez préconisées lors de la campagne des législatives de 1997 ?

Les 35 heures étaient une réforme nécessaire. Mais, et j’en prends ma part de responsabilité, nous l’avons fait trop largement par la loi, en privilégiant une démarche étatiste. Il aurait fallu plus de négociation. J’en ai tiré les leçons. C’est là qu’interviennent le compromis social et la méthode social-démocrate. L’objectif des 35 heures était juste, la réduction du temps de travail nécessaire, mais nous l’avons conduite trop à l’ancienne.

Vous privilégiez donc la démarche contractuelle. Que reste-t-il au politique ?

Beaucoup ! Il y a des domaines où il lui appartient de conduire les réformes. Il y en a d’autres où il doit impulser la négociation et faire en sorte que le rapport de force ne soit pas le même sous la droite ou sous la gauche. Quand je propose le "pacte de l’Elysée", qui consiste à traiter d’ici à la fin 2007 des grandes questions qui minent la confiance des Français, il s’agit d’une négociation avec les partenaires sociaux où l’Etat est porteur d’un mandat politique, et non pas un arbitre neutre. Il ne s’agit pas seulement de dire que les partenaires sociaux se réunissent et que ce qu’ils décident sera transcrit dans la loi. Il s’agit de peser dans la négociation à partir du mandat politique reçu. Dans le combat dans les entreprises et l’économie de marché, le rôle de la gauche, c’est d’aider les salariés dans la négociation.

Mme Royal dit s’inspirer du modèle nordique. Le vôtre est-il anglo-saxon ?

Il nous faut inventer ! Je veux une social-démocratie renouvelée, adaptée au temps de la mondialisation. Cela n’a rien à voir avec le modèle anglo-saxon ni avec le modèle nordique.

Qui, en Europe, a élaboré ce modèle de sociale-démocratie renouvelée ?

Personne, et c’est bien pour cela que nos partenaires européens commencent à se tourner vers nous. La proposition du service public de la petite enfance qui a été inscrite dans le projet socialiste au titre de l’égalité réelle, après forte pression de ma part, est une illustration concrète du renouvellement de la social-démocratie. Celle-ci a été fondée sur une pratique de redistribution, certes indispensable, mais dont on voit les limites : cinquante ans après, les inégalités prospèrent toujours.

L’idée que la gauche ne peut plus se contenter de constater les inégalités de marché pour les corriger après coup, mais qu’elle doit s’attaquer à la mécanique même de création de ces inégalités pour casser la machine à faire des pauvres, cette idée-là est clairement née ici et irrigue une partie de la réflexion de nos partis frères.

Vous parlez d’une "énorme" machine à redistribuer. Faut-il la faire maigrir ?

Non, mais il faut la rendre plus efficace. Je ne dis pas qu’on redistribue trop, je dis que cela ne suffit pas et qu’il faut attaquer les inégalités là où elles se créent. Peut-être que cela permettra, dans dix ans ou quinze ans, d’avoir moins besoin de redistribution. C’est l’espoir qu’on peut former, mais on en est loin. Vous souhaitez un président qui s’engage et soit responsable. Jusqu’à quel point ?

Pour moi, un président engagé n’est pas la vigie du navire, mais le dirige. Ce n’est pas un président ambigu qui couvre à la fois la gauche et la droite. Il est certes le président de tous les Français, mais il a un mandat à remplir. Lorsque sa politique est désavouée massivement, il doit en tirer les conséquences. Il n’y a pas de procédure prévue dans notre Constitution, et je ne préconise pas qu’on en élabore dans l’urgence. Mais si les Français me choisissent pour occuper cette fonction, je serai le président engagé sur le mandat qu’ils m’auront donné. Devant un échec patent, j’en tirerai les conséquences en démissionnant. C’est ce qu’aurait dû faire Jacques Chirac au lendemain du référendum sur l’Europe.

Est-il normal que le président s’engage sur l’adhésion de la Turquie sans avoir le soutien de sa majorité ni de la population ?


Le président de la République française se doit d’avoir une position. Il ne peut pas se réfugier derrière la future consultation du peuple français, ne serait-ce que parce qu’il sera amené à signer des documents engageant la France bien avant que le référendum soit à l’ordre du jour.

Doit-il avoir un mandat du Parlement ?

Il ne peut pas être lié par un mandat impératif. Il a en revanche un mandat politique que lui ont confié ses électeurs. C’est pourquoi il est indispensable que la campagne permette de dire la vérité sur tous les problèmes auxquels nous serons confrontés.

Propos recueillis par Arnaud Leparmentier Caroline Monnot, et Jean-Baptiste de Montvalon


02.11.2006

La vision de la démocratie par DSK

Cette semaine, dans "L’Hebdo des socialistes" du 2 novembre 2006, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et Laurent Fabius expliquent leur vision de la démocratie et répondent à 5 questions tirées au sort de militants.

Chère Camarade, Cher Camarade,

Dans les précédents numéros de l’Hebdo, je t’ai indiqué quelle était ma ligne - « sociale et démocrate » -, ma méthode - le « Pacte de l’Elysée » et mon engagement envers la jeunesse - « un patrimoine public pour ceux qui n’ont pas de patrimoine privé ».

Aujourd’hui, je veux revenir sur ma vision de la démocratie et sur ma conception de la fonction présidentielle : un « Président engagé ».

Si je devais résumer les maux dont souffre notre démocratie, je dirais que les Français ont le sentiment que le pouvoir est à la fois confisqué et impuissant. Confisqué, car il est concentré, et même hyper-concentré entre quelques mains. Impuissant, car il a montré son inefficacité et, pire encore, donné le sentiment de n’avoir plus prise sur rien.

Pour apporter des réponses à ces deux maux, je m’appuie sur quelques principes simples. Nous avons le devoir de renforcer les contre-pouvoirs. Nous avons le devoir de réhabiliter la responsabilité politique.

Je vais être rapide sur les contre-pouvoirs. Je suis favorable à une démocratie parlementaire, donc à la revalorisation de l’Assemblée nationale, donc à l’interdiction du cumul des mandats, donc à des réformes constitutionnelles qui sont parfaitement détaillées dans le projet socialiste. Je suis favorable à une démocratie locale revivifiée, donc à une nouvelle étape de la décentralisation, donc à des transferts de compétences, donc, j’y insiste, à des transferts et à une péréquation des ressources. Je suis favorable à une démocratie participative plus active, donc à tous les instruments qui permettent de renforcer - et non d’affaiblir, de surveiller, de soupçonner - la démocratie représentative.

Je veux, en revanche, être plus précis sur la responsabilité politique car je porte, sur cette question, une vision différente de celle de Ségolène Royal et de Laurent Fabius.

Pour moi, trois données politiques majeures caractérisent la situation actuelle. Le Président de la République est élu au suffrage universel direct désormais pour un quinquennat. Jacques Chirac a incarné jusqu’à la caricature une présidence du verbe. Le candidat de la droite, vraisemblablement Nicolas Sarkozy, tentera de faire de « l’action » et de la « volonté » ses arguments de campagne - faute de pouvoir défendre un bilan désastreux et de pouvoir assumer un projet qui tourne le dos à deux cents ans de notre histoire.

Conclusion ? Nous avons besoin d’une nouvelle conception de la Présidence de la République qui marque une rupture par rapport au passé et qui tienne le choc par rapport à nos adversaires. Je l’ai appelée la « présidence engagée ».

Dès lors, cette présidence engagée constitue à la fois une nécessité politique et une avancée démocratique.

Pourquoi ?

Parce que le Président est engagé sur un mandat. Il est arrivé, notamment en 2002, que le futur Président n’ait présenté pendant la campagne aucun programme autre que de bonnes intentions. Il est arrivé, plus souvent encore, que le Président élu se détourne de sa propre majorité en invoquant la nécessaire unité des Français. Bien sûr, le Président de la République se doit de représenter tous les Français. Mais il doit être comptable d’une politique, présentée devant les Français et approuvée par une majorité d’entre eux : c’est cela un Président engagé !

Il y a davantage. Le Président doit être engagé dans l’action. Je ne veux plus d’un Président-monarque qui se contente de commenter l’action de son Gouvernement ou qui se limite à des incantations. Regardez ce qui s’est encore passé il y a deux semaines. Jacques Chirac a prononcé un discours sur la démocratie sociale. Il a dit le contraire de ce qu’il a fait dans le passé - notamment avec le CPE. Et, une nouvelle fois, il ne fera pas ce qu’il a dit. Je veux un Président qui agisse et qui assume sa responsabilité.

Sur les questions européennes et internationales, au Conseil européen, au G8, dans les grandes négociations, il doit avoir une position claire pour convaincre ses partenaires. Ce n’est pas seulement le rang de la France qui est en jeu, c’est aussi la vie quotidienne des Français tant il est vrai que les questions européennes ou internationales ne sont plus des questions de politique étrangère.

Sur les questions de politique intérieure, il doit également s’impliquer. Si, pendant la campagne, je dis que ma première priorité est économique et sociale ; une fois élu, mon premier chantier sera économique et social. Ce sera le « Pacte de l’Elysée ».

Je me résume : je ne veux pas d’un Président qui fasse tout - pas d’inquiétude pour le Premier ministre, il y aura bien suffisamment à faire pour deux ... Mais je veux un Président qui assume tout : c’est cela, un président engagé !

Dominique Strauss-Kahn.


Questions-réponses avec les militants :

1 - Question de Didier Dimerose

Pensez-vous que la participation démocratique des citoyens doit passer par des mécanismes type “loi d’initiative citoyenne” (1 million de signatures peuvent inscrire à l’ordre du jour des propositions de loi). Ne croyez-vous pas plus utile et plus opérant de permettre à chaque citoyen d’exprimer à tous les niveaux (communes, départements...) ses propositions d’amélioration des services publiques ou de lutte contre les gaspillages ?

Cher Didier, sur la démocratie, nous devons avoir les idées claires. Le pouvoir politique se distingue de tous les autres - économiques, financiers, médiatiques ou spirituels. Il émane des votes des citoyens et représente la souveraineté du peuple. Il a pour mission de dégager l’intérêt général. Il s’appuie, d’abord et avant tout, sur la démocratie représentative. Cela n’empêche pas - bien au contraire ! - de faire vivre la démocratie participative et ainsi d’investir les citoyens dans les décisions politiques. Aujourd’hui, de plus en plus de citoyens veulent prendre part à l’élaboration des décisions ou souhaitent donner leur avis sur l’exécution des décisions. Il faut entendre cette demande. Aujourd’hui, l’internet ouvre un champ extraordinaire pour la démocratie participative. Pour ne prendre qu’un exemple, ce sont plus de 500 pages de réactions et de propositions qui sont arrivées sur mon blog, en moins de 48 heures, au sujet du patrimoine de départ pour les jeunes. Il faut utiliser cet outil. Allons même plus loin ! Le projet socialiste défend l’idée d’une loi d’initiative citoyenne : grâce à une pétition signée par un million de personnes dans 30 départements différents, les citoyens pourront saisir le Parlement. De nombreux processus de démocratie locale participative - comptes-rendus de mandats, conférences citoyennes, votes sur les budgets participatifs - peuvent être étendus au delà des seules collectivités socialistes pour les faire vivre sur l’ensemble du territoire. Bref, je suis totalement favorable au développement de la démocratie participative. La seule limite, c’est qu’elle enrichisse et conforte la démocratie représentative ; c’est qu’elle ne contribue pas à nourrir la suspicion envers les élus ou, pire encore, qu’elle ne soit pas à l’origine d’un conflit de légitimité qui conduirait... au désordre !

2 - Question de Tristan Moricheau-Poggioli dans le 49

Ne devrait-on pas, à l’avenir, diminuer les pouvoirs du Chef de l’Etat, notamment en ce qui concerne le droit de dissolution de l’Assemblée nationale ?

Cher Tristan, je défends l’idée, tu le sais, d’une « présidence engagée » et ta question m’offre l’occasion de préciser ma position. Je veux un Président qui agisse mais je refuse un Président qui soit soustrait trop souvent, comme aujourd’hui, aux exigences de la démocratie. Comme le propose le projet socialiste, je veux mettre un terme à l’irresponsabilité pénale du chef de l’Etat. Mais je vais même plus loin. Je veux mettre un terme également à l’opacité qui règne - c’est le cas de le dire - sur le budget de l’Elysée : la transparence et le contrôle parlementaire sont nécessaires ! Je veux enfin mettre un terme à une autre forme d’irresponsabilité. La responsabilité, c’est de devoir rendre des comptes et, donc, d’être questionné sur son action. Aujourd’hui, le Président de la République se limite à une interview cadenassée tous les 14 juillet. Il faut revenir aux conférences de presse régulières, comme les pratiquaient Charles de Gaulle ou François Mitterrand. La démocratie, c’est la vie !

3 - Question de Philippe Cleris dans le 42

Michel Rocard disait qu’il fallait « décoloniser la Province » : Quelles sont vos propositions pour approfondir la décentralisation pour une véritable régionalisation de la République française ? Je pense notamment à trois chantiers : l’évolution des circonscriptions territoriales pour avoir des régions cohérentes ; l’autonomie et la responsabilité financière des régions et départements ; l’approfondissement démocratique des institutions représentatives par la démocratie participative et de réels contre-pouvoirs de contrôle et d’évaluation.

Cher Philippe, je défens l’idée d’un nouveau souffle pour la décentralisation. Nous n’avons pas besoin de moins mais de davantage de décentralisation. Depuis 25 ans, ce sont les socialistes qui ont initié et porté la décentralisation. En étendant les libertés locales, nous avons permis qu’un nombre croissant de décisions soit pris au plus près des besoins réels. Aujourd’hui, nos élus locaux exercent cette transformation sociale au quotidien. Il faut aller plus loin. Bien sûr, notre décentralisation n’est pas celle des libéraux : l’autonomie financière est inséparable, pour nous, de la solidarité nationale et d’un renforcement de la péréquation. Alors, que devons-nous faire ? Nous devons, d’abord, rendre nos institutions plus démocratiques : élection des exécutifs des communautés de communes et d’agglomération au suffrage universel, modification du mode de scrutin des conseils généraux pour établir une représentativité équitable des territoires, renforcement des mécanismes de démocratie participative, droit de vote aux scrutins locaux des étrangers en situation régulière... Nous devons, ensuite, clarifier les compétences - à la région, les politiques structurantes et la stratégie économique ; au département, ce qui touche à la solidarité ; aux communes, ce qui relève de la proximité - et, dans le même temps, clarifier les recettes, avec l’attribution d’un impôt par collectivité. Nous devons, enfin, renouer le pacte de confiance entre l’Etat et les collectivités locales mis à mal par la droite. Je le dis clairement : l’Etat devra payer ce qu’il doit encore aux collectivités : 1,85 milliards d’euros dus en 2005 et 2006 pour financer le RMI ! C’est un engagement électoral que la gauche doit prendre devant l’ensemble des élus locaux. Notre horizon ? Construire une véritable « République territoriale », qui reconnaisse enfin les collectivités locales comme des partenaires responsables.

4 - Question de Colette Brouard

Etes-vous attaché à la laïcité ? Que pensez-vous de ce délit de blasphème, qui semble se propager en France, en particulier par rapport à la religion musulmane ? A-t-on le droit aujourd’hui de critiquer toutes les religions ?

Chère Colette, je suis profondément laïc. Je suis profondément attaché à ce que notre République soit laïque. La laïcité est un principe de la République mais, aussi, une valeur fondamentale du socialisme. La laïcité est à la base du « vivre-ensemble ». La laïcité consacre la séparation du politique et des religions et, ce faisant, permet aux femmes et aux hommes de décider de leur destin collectif. Grâce à la loi de 1905, Etat et religion sont strictement séparés garantissant ainsi à chaque individu la liberté de conscience - c’est-à-dire la liberté de croire ou de ne pas croire - mais aussi l’égalité de tous devant la loi, quelle que soit sa religion et ses convictions. Bien que vieilles d’un siècle, les garanties offertes par cette loi permettent de protéger les libertés de chacun. La laïcité est une valeur bien vivante qui nous donne encore aujourd’hui des principes d’action. Un signe de cette actualité est d’ailleurs la fréquence des attaques dont elle est l’objet par des intégristes de tout ordre : commandos anti-IVG, contestations sur le statut égalitaire de l’homme et de la femme, critique des programmes scolaires par les mouvements créationnistes, sectaires ou intégristes, menaces contre les artistes ou les écrivains. Il faut rester vigilant. Lorsque Robert Redeker, exprime son avis sur l’islam - que je ne partage en aucun point - et qu’il est menacé, je le défends. Dans notre droit, le délit de blasphème n’existe pas. En démocratie, tout - les religions, les croyances, la laïcité elle-même - peut être discuté, critiqué ou débattu, dès lors qu’il n’y a ni diffamation ni incitation à la haine raciale.

5 - Question de Josette-Marie Begu dans le 13

Sur quelle réforme des institutions et selon quel calendrier souhaitez-vous vous engager ? Comment comptez-vous notamment faire évoluer le rôle du Sénat ?

Chère Josette, la crise de confiance dans la politique que connaît notre pays ne se réduit pas à des problèmes institutionnels. C’est d’abord une crise de confiance dans la capacité des responsables politiques à résoudre les problèmes des Français : le chômage, le pouvoir d’achat, les délocalisations, les inégalités... Il n’empêche que nos institutions et nos pratiques doivent être profondément réformées.

La Vème République s’était fixée comme objectif de réduire le rôle du Parlement - elle y est malheureusement parvenue. Il faut aller vers un régime parlementaire, c’est-à-dire redonner toute sa place à l’Assemblée nationale et au Sénat. Je l’ai dit et je le redis : la mère de toutes les réformes, c’est le mandat unique. Le Parlement manque moins de pouvoirs, que de parlementaires pour les exercer ! J’ajoute que le mandat unique permettra par ailleurs d’avoir des assemblées plus représentatives de la diversité de la société française - sexe, origines, territoires, milieux professionnels - en accélérant le nécessaire renouvellement. Mais il faut aller au-delà. Je suis favorable, comme le propose le projet socialiste, à une modification des modes de scrutin avec l’introduction d’une dose de proportionnelle dans l’élection des députés et l’extension du scrutin proportionnel départemental pour les sénateurs. Je suis favorable à ce que - enfin ! - les étrangers puissent voter aux élections locales. Je suis favorable à ce que des réformes techniques rééquilibrent le rapport de force entre l’exécutif et le législatif. Je suis favorable à ce que le Sénat soit renforcé dans son rôle de chambre des collectivités locales et de la décentralisation.

Dernier point, pour répondre précisément à ta question : toutes ces réformes ne pourront être adoptées que par les Français eux-mêmes, c’est-à-dire par référendum, dans la dynamique de l’élection présidentielle.


(Extrait de DSK2007.net)


01.11.2006

L’ère de l’après-pétrole selon DSK

Face au réchauffement climatique, qui constitue le défi majeur du XXIème siècle, Dominique Strauss-Kahn propose d’entrer dans l’ère de l’après-pétrole. Cette analyse, qui s’inscrit dans le cadre du projet socialiste pour 2007, repose sur un diagnostic partagé : le pétrole – et son épuisement inéluctable - est facteur de graves tensions, à la fois sur le plan économique, social, politique et environnemental. Cette réflexion, qui dépasse le seul cadre des préoccupations environnementales, nous invite à repenser notre modèle de développement et bouleverser nos modes de vie.

Un contexte de graves tensions liées au pétrole

Des tensions environnementales

La consommation de pétrole entraine l’émission de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Le réchauffement climatique dû à l’activité humaine s’est traduit par une élévation de la température moyenne à la surface de la planète de +0,6° au cours du XXème siècle. Cette augmentation a provoqué la multiplication de phénomènes climatologiques extrêmes (cyclones, canicules, inondations…). D’ici à la fin du siècle, les températures devraient augmenter de +1,4° à +5,8° C par rapport à 1990, ce qui devrait entraîner une profonde modification de notre cadre de vie et la recrudescence de catastrophes sanitaires.

Des tensions économiques et sociales

L’approche inexorable du peak oil (le moment à partir duquel la quantité de pétrole exploitable va diminuer) entraîne une tension à la hausse sur les prix du pétrole. Parallèlement, la demande mondiale s’accélère compte tenu des besoins énergétiques additionnels des pays en développement, notamment la Chine et l’Inde. La conjugaison de ces deux phénomènes se traduit par la hausse structurelle des prix du pétrole. Elle pénalise – et pénalisera durablement – la compétitivité de notre économie (pêche, agriculture, transports…) et le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes (carburant).

Des tensions géopolitiques

La géopolitique du pétrole est instable. Notre dépendance pétrolière à l’égard des pays exportateurs de pétrole (pays du Golfe et du Moyen Orient) réduit nos marges de manœuvres et affaiblit notre indépendance politique. En outre, elle ne permet pas de garantir la sécurité d’approvisionnement dont l’Europe a besoin pour se développer sereinement (cf. la crise du gaz russe en 2006). A terme, la dépendance pétrolière menace la souveraineté de la France et de l’Europe.

Entrer dans l’ère de l’après pétrole

Dans ce contexte, Dominique Strauss-Kahn propose d’entrer dans l’ère de l’après pétrole en se fixant trois priorités complémentaires.

1 - Encourager la maîtrise de l’énergie

Le premier volet de ce triptyque repose sur la maîtrise de l’énergie. Sur ce point, Dominique Strauss-Kahn nous met en garde : « Ce ne sera pas indolore. Ce sont en effet nos modes de vie qu’il va falloir bouleverser, étape par étape, domaine par domaine (…). C’est ce défi que, tous ensemble, nous devrons relever. On ne peut rester les bras ballants en caressant l’espoir qu’un hypothétique miracle technologique nous dispensera d’agir. On doit plus que jamais faire preuve de responsabilité, c'est-à-dire de courage et d’imagination ». Pour réduire notre consommation d’énergie afin de limiter nos émissions de gaz à effet de serre, Dominique Strauss-Kahn propose de renforcer la réglementation et la fiscalité environnementales, en particulier dans les secteurs du transport, du logement et de l’industrie (isolation, amélioration de l’efficacité énergétique…).

2 - Encourager la recherche dans le domaine de l’environnement et de l’énergie

Afin de préparer l’ère de l’après-pétrole, Dominique Strauss-Kahn propose d’encourager massivement la recherche sur les énergies renouvelables et les écotechnologies. Résolument tournée vers l’innovation, la recherche sur les énergies nouvelles devra permettre, à terme, de s’émanciper du pétrole, puis du nucléaire. Dominique Strauss-Kahn nous rappelle qu’en la matière le volontarisme politique est décisif : « La France a réussi dans le domaine du nucléaire dès les années 1950. Elle devra réussir de la même manière dans les énergies nouvelles ».

3 - Ouvrir un grand débat national sur le nucléaire

Pariant sur l’intelligence collective, Dominique Strauss-Kahn propose un vaste débat national sur le thème du nucléaire. Il écrit à ce sujet : « Je suis convaincu que le choix du nucléaire a été bénéfique pour la France. Il a permis de réduire notre dépendance énergétique. Il serait parfaitement absurde de le remettre en cause du jour au lendemain. Mais je suis conscient de ce que le nucléaire ne résout pas à long terme le problème de l’accès aux ressources. Et surtout qu’il pose le problème épineux des déchets ». « Il n’y a rien qui doive rester secret dans ce domaine ».

4 - Créer une Cour et une Police de l'Environnement

Parce que l'enjeu est trop grand, il faut faire respecter les lois environnementales. Cette Cour pourra être saisie par les citoyens sur les différents problèmes posés par les atteintes à l'environnement. Comme la Cour des comptes, cette Cour rendra des rapports au Parlement, qui permettront d'intégrer le respect des normes environnementales aux politiques publiques et rendre publiques les bonnes et mauvaises pratiques de l'Etat et des collectivités locales dans ce domaine.

Bonne journée à tous.

(Extrait du blog de soutien du 11ème arrondissement)



Les propositions de Dominique Strauss-Kahn sur la démocratie

Social-démocrate, DSK place la rénovation démocratique comme une priorité. Le diagnostic est en effet que depuis de trop nombreuses années les Français hésitent entre rejet des équipes en place, abstention et tentations extrémistes. Ils manquent de confiance dans leurs élites politiques, ce qui se traduit par un manque tout court de confiance dans le pays .C'est une tendance qu'il faut inverser car nous avons besoin de confiance pour retrouver la croissance et pouvoir gérer dans la durée. Nous avons besoin des énergies de tous.

DSK choisit la démocratie comme méthode pour un changement durable. C'est à cette condition que nous pourrons réformer : réformer est à la base de l'action politique social-démocrate. C'est à travers un tel engagement que nous pourrons mettre la société en mouvement, nous permettre de saisir les questions du futur, qu'il s'agisse de la révolution énergétique ou de la révolution démographique due au vieillissement de la population.

DSK ne théorise pas sur l'expertise citoyenne mais entend s'appuyer sur la démocratie représentative et la démocratie participative. Il faut que le dialogue et la responsabilité soient renforcés aux différents niveaux, à chacun des niveaux pertinents :

- au niveau des entreprises avec une démocratie sociale renforcée : en renforçant la légitimité syndicale (principe de l'accord majoritaire et représentativité des syndicats sur la base d'élections), en développant de nouvelles formes de dialogue social pour les petites entreprises

- au niveau local avec une démocratie locale plus active, en organisant une nouvelle étape de la décentralisation. C'est à la fois gage de plus d'efficacité sur les territoires et de plus d'efficacité de l'Etat qui serait ainsi conforté pleinement dans son rôle de stratège de la vie économique, de partenaire des collectivités locales, de garant de l'égalité et de régulateur social. Le secteur de l'enseignement supérieur et celui de la santé, secteurs stratégiques, sont ainsi des domaines qui devraient connaître de nouvelles décentralisations. Mais cela passe aussi par le dialogue renforcé et la contractualisation des relations avec les associations, et par le regain de la démocratie participative.

- au niveau national, pour aller vers une république parlementaire, pour que le législatif contrôle réellement l'exécutif. DSK s'engage sur le mandat unique, mère de toutes les réformes : « Le parlement ne manque pas seulement de pouvoirs, il manque en effet aussi trop souvent de parlementaires ». Cette évolution permettra de partager le pouvoir. Elle devrait faire progresser la parité et la diversité de la représentation.

Enfin, légitimé par le suffrage universel , DSK considère que le Président de la République doit être un acteur engagé, responsable et redevable.

Fort de cette démarche, DSK entend conduire comme premier chantier "le Pacte de l'Elysée", grande négociation sociale comme notre pays n'en a jamais connu. Seront alors mis sur la table non seulement la question du pouvoir d'chat et de la revalorisation des rémunérations, mais aussi celle de la sécurisation professionnelle ou encore celle des retraites.

Tout cela est fort, crédible et convaincant.

(Extrait du blog de soutien du 11ème arrondissement)





31.10.2006

UN CAPITAL DE DEPART POUR LES JEUNES

Pour les aider à démarrer dans la vie, DSK a fait cette proposition lors du débat du 24 octobre.
Il a suggéré d'utiliser une partie des droits de succession pour financer cette "mesure d'avenir" en plus des recettes fiscales récupérées en revenant sur les "baisses d'impôts scandaleuses" accordées par la droite "aux plus riches". "Il est bien normal que l'argent de ceux qui nous quittent servent à l'ensemble des jeunes".

Cette proposition est mise en débat sur son blog : Blog DSK.

<< Mon constat de départ est simple. Les jeunes, aujourd’hui, cumulent les difficultés : accès au logement, financement de leurs études, insertion dans la vie professionnelle, accès à la culture…Demain, nous leur laisserons à la fois une dette publique élevée et un environnement dégradé. Ma conviction profonde est que nous leur devons quelque chose !

Il faut les aider à entrer dans la vie. Pour cela, je propose que nous leur donnions un patrimoine de départ facilitant leur autonomie. Du capital public pour ceux qui n’ont pas de capitaux privés.

C’est une réforme essentielle qui aura un coût. Je l’assume pleinement ! Elle est indispensable sur le plan moral. Elle est socialement juste : c’est l’égalité réelle mise en actes. Elle est économiquement efficace : c’est la confiance relancée. Elle est politiquement pertinente : elle réduit les inégalités de patrimoine aggravées par Nicolas Sarkozy avec l’évolution des droits de succession.

J’ai vu sur le post daté d’hier que vous étiez déjà très nombreux à avoir engagé le débat. J’attends donc vos réactions. Quel est votre sentiment général sur cette proposition ? Un montant qui se situerait, par exemple, autour de 10 000€ vous paraît-il pertinent ? Quelles modalités de mise en œuvre ? Sur la base de quels projets d’études, professionnels, familiaux ? A quel âge les bénéficiaires pourront-ils disposer de ce capital de départ ? >>



22.10.2006

Les réponses de DSK aux militants

Après les professions de foi des candidats la semaine passée, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Ségolène Royal s’expriment sur les questions économiques et sociales et répondent à 5 questions tirées au sort de militants dans l’Hebdo des socialistes.

Retrouvez ci-après l’intervention de DSK.

Cher camarade, chère camarade,

Deuxième semaine de campagne !

Je te l’ai écrit, dans le dernier numéro de l’Hebdo : pour moi, l’urgence est sociale. Pour y répondre, il faut une autre politique économique. L’économique et le social, c’est le premier défi auquel la France est confrontée. C’est la première préoccupation des Français. C’est la première priorité des socialistes. Ce sera l’axe stratégique de la campagne que nous mènerons ensemble si je suis désigné le 23 novembre.

Jeudi dernier, j’étais à Valence, pour apporter mon soutien aux salariés des stylos Reynolds - une entreprise menacée de délocalisation alors qu’elle fait des bénéfices. Lundi, j’ai avancé dix-huit propositions qui viennent compléter, préciser, hiérarchiser notre projet socialiste. Un seul exemple concret : pour lutter contre le développement du travail précaire, j’ai proposé que l’impôt sur les sociétés soit modulé - à la baisse ou à la hausse - afin d’inciter les entreprises à recourir aux contrats à durée indéterminée.

Mardi, je ne sais si tu as eu la possibilité de le regarder en direct, nous avons tenu notre premier débat télévisé. Le Parti socialiste en est sorti collectivement renforcé. Et j’ai la conviction d’avoir pu déployer ma vision de l’avenir.

Aujourd’hui, je ne veux pas aligner une liste de pétition de principes ou de propositions techniques ; je veux insister sur une proposition qui illustre le projet social-démocrate que je défends. Cette proposition, je l’ai appelée le « Pacte de l’Elysée ».

De quoi s’agit-il ? De mon premier chantier, si je suis élu Président de la République : le lancement d’une grande négociation sociale, comme notre pays n’en a jamais connu.

En quoi est-ce nouveau ?

C’est nouveau par la méthode : je compte engager les discussions avec les partenaires sociaux juste après ma désignation, afin de pouvoir engager les négociations efficacement dès le lendemain de l’élection et fixer la fin de l’année 2007 pour l’achèvement des travaux.

C’est nouveau par l’objectif : il s’agit de bâtir un nouveau compromis social, un accord « gagnant-gagnant », pour remettre la société tout entière en mouvement. Nous pourrons ainsi recréer la confiance sans laquelle il n’y a ni croissance ni, au bout du compte, de progrès social possible.

C’est nouveau, enfin et surtout, par l’ordre du jour que je veux large.

Le Pacte de l’Elysée mettra évidemment sur la table la question du pouvoir d’achat et de la revalorisation des carrières. Nous avons pris l’engagement de porter le SMIC à 1500 euros au plus tard à la fin de la législature. Je le tiendrai. Mais il faut être plus ambitieux. Il faut agir sur l’ensemble de l’échelle des salaires pour que le nombre de salariés payés au SMIC cesse d’augmenter. Et il faut prêter attention à la revalorisation des carrières pour que nul ne reste toute sa vie au SMIC.

Le Pacte de l’Elysée mettra sur la table la question de la sécurisation professionnelle - j’ai pu mesurer une nouvelle fois à Valence à quel point il était indispensable de dégager des moyens sans précédent pour l’indemnisation, la formation et le reclassement des salariés victimes des délocalisations.

Le Pacte de l’Elysée mettra aussi sur la table la question des retraites. Nous nous sommes engagés à abroger la loi Fillon. Mais nous le savons bien : cette abrogation ne règlera pas à elle seule le problème. Il faudra donc négocier sur les moyens de pérenniser la retraite par répartition - auquel nous sommes attachés de toutes nos forces. Il faudra aussi, dans le même temps, lutter contre les injustices du système actuel : je pense aux petites pensions, aux carrières discontinues et, surtout, à la prise en compte de la pénibilité.

Le Pacte de l’Elysée mettra enfin sur la table la question de la santé au travail et des conditions de travail. Ces problèmes là ne sont pas derrière nous, comme la diminution des emplois industriels aurait pu le laisser penser. Ces problèmes là sont devant nous : il y a davantage d’accidents du travail, il y a de nouvelles maladies professionnelles - qu’il s’agisse des troubles musculo-squelettiques ou du stress. Nous devons agir.

Je résume : une grande négociation sociale engagée dès avant l’élection, achevée avant la fin de l’année 2007 et portant à la fois sur le pouvoir d’achat, la sécurisation professionnelle, les retraites et les conditions de travail - voilà le « Pacte ».

Mais je veux que ce soit le Président de la République lui-même qui prenne en main cette négociation - d’où le « Pacte de l’Elysée ». Pourquoi ? Parce qu’il y aura besoin de l’impulsion que lui donnera la légitimité populaire issue de son élection. Parce qu’il s’agit de ma première priorité et que je n’ai pas l’intention de m’en dégager une fois élu.

Un dernier mot, chère Camarade, cher Camarade.

Au travers de ce Pacte de l’Elysée, c’est une démarche globale que je défends et qui fait mon originalité dans cette campagne. Elle illustre ma conception aussi d’une Présidence « engagée ». Elle illustre que l’investissement social est un investissement économique. Elle illustre que, au-delà de l’indispensable mobilisation de l’Etat, c’est toute la société qu’il faut mobiliser. Elle illustre, en un mot, ce qu’est une social-démocratie repensée et rénovée !

A la semaine prochaine !

Dominique Strauss-Kahn


Questions-réponses avec les militants

Le déficit du budget 2006 ainsi que 2007, malgré les artifices utilisés par T. Breton, est et sera énorme, les dépenses prévues par le PS vont accroître ce déficit. Que prévois-tu pour permettre le désendettement de notre pays ?

Non, les dépenses prévues ne doivent pas accroître le déficit. De nouvelles recettes doivent être obtenues. Par exemple celles qui résulteront de la suppression des avantages fiscaux accordés par la droite aux tranches supérieures de l’impôt sur le revenu.

Mais venons-en à la dette. Désendetter notre pays est un chantier essentiel pour le futur Président de la République. Je pourrais dire que je l’ai déjà fait entre 1997 et 2000. Je pourrais dire que « oui, si je suis élu, la dette baissera ! ». Mais je veux être prudent et ne m’engager que sur ce que je suis certain de pouvoir tenir.

L’objectif que je me fixe, c’est d’avoir stabilisé la dette à la fin de la mandature. Désendetter le pays, c’est rétablir la confiance en l’avenir. Nous devons montrer aux Français que nous prenons à bras le corps les questions de long terme qui les concernent. La dette en fait partie.

Elle est l’ennemie de la gauche.

Elle est socialement injuste. Les intérêts de la dette enrichissent une partie de la population, les rentiers, ceux qui ont prêté de l’argent à l’Etat. En revanche, le remboursement des intérêts de la dette pèse sur l’ensemble de la population, y compris sur les catégories les moins favorisées. Les Français qui gagnent le SMIC ou sont au RMI contribuent chaque jour, en payant de la TVA à cette charge financière. C’est donc un incroyable système de redistribution à l’envers qui est à l’œuvre. Il faut y mettre un terme.

Elle est économiquement irresponsable. Elle grève massivement la capacité redistributive de l’Etat et les marges de manœuvre des pouvoirs publics. Elle sacrifie l’avenir en faisant peser sur nos enfants le poids de nos décisions.

Voilà pour le constat. Alors, comment fait-on ? La base de tout, c’est la croissance économique. Elle conditionne notre succès. Sans elle, rien ne sera possible. Mais c’est aussi une question de volonté politique. Une fois encore, il faut dire la vérité aux Français. Des efforts seront nécessaires. Ces efforts, il y a une mauvais manière de les faire : des coupes aveugles dans le budget. Et il y a la bonne : établir des priorités.

D’abord, réhabiliter la dépense publique comme instrument de la croissance. Nos marges de manœuvre ne sont pas énormes. Il faudra donc faire des choix. Certaines dépenses sont prioritaires à mes yeux : l’éducation, la recherche et l’enseignement supérieur, pour permettre à la France de basculer dans l’économie de la connaissance. D’autres dépenses le sont moins : les subventions aux entreprises ou encore les aides aux familles lorsqu’elles vont vers les familles les plus aisées.

Ensuite, comme je l’ai dit, restaurer les recettes pour dégager des marges de manœuvre. Je reviendrai sur les baisses d’impôt mises en place par les gouvernements de droite et qui ont bénéficié très majoritairement aux ménages les plus aisés. Je supprimerai les trop nombreuses niches fiscales qui existent aujourd’hui et qui profitent exclusivement à « ceux qui savent ».

Dans le contexte de mondialisation de notre époque, quels sont les moyens d’intervention du politique sur une grande entreprise française qui déciderait de délocaliser une grande partie de sa production française vers des pays où la main d’œuvre est moins coûteuse ?

Sédiver à Saint-Yorre, ABB à Champagne-sur-Seine, Dim à Autun, Reynolds à Valence. De toutes ces rencontres de ces derniers mois avec les salariés d’entreprises en difficulté, je retiens plusieurs choses.

Il faut d’abord, évidemment, aider à trouver un repreneur. C’est l’intérêt du groupe qui délocalise : la reprise évite le coût financier des licenciements « secs », et le coût d’image d’une délocalisation médiatique. Certains groupes le font déjà. Je propose de favoriser ces comportements « citoyens », à travers un soutien public à la recherche du repreneur et une prime de redéploiement pour faciliter la reprise.

Il est pourtant des situations où aucun repreneur ne peut être trouvé. Si la situation le justifie - secteur innovant ou stratégique, région industrielle de monoactivité ...- il est légitime que la puissance publique assure le relais dans l’attente d’un repreneur. Je propose de créer une entreprise publique de capital-investissement qui injecterait des fonds dans ces entreprises. Une fois l’entreprise redevenue rentable, l’Etat se désengagerait en la remettant sur le marché. Ces « nationalisations temporaires » seraient définies au cas par cas. Lorsqu’aucun repreneur ne peut être trouvé, il faut aider à la reconversion des territoires et c’est le rôle de l’agence de réindustrialisation qu’il faut créer et, pour avoir des ressources, je propose que lorsque l’entreprise qui délocalise est bénéficiaire elle continue à payer pendant trois ans la taxe professionnelle. Il faut aussi s’attacher au reclassement des hommes : c’est le rôle que doit jouer la sécurité sociale professionnelle.

Comptez-vous revenir sur la réforme des retraites mise en place par la droite, et selon quelles modalités ?

Bien sûr qu’il faudra revenir sur la loi Fillon, qui est injuste et ne règle rien.

Le diagnostic est connu : c’est le vieillissement démographique. Nous sommes passés de quatre actifs pour un retraité en 1970 à deux pour un aujourd’hui. Surtout, avec les progrès de la médecine et l’allongement spectaculaire de la durée de vie au delà de 85 ans, nous assistons à un bouleversement majeur : l’émergence dans notre société d’un « quatrième âge ». C’est une formidable nouvelle mais qui va nécessiter une évolution importante de notre protection sociale.

Le règlement du problème des retraites doit trouver sa place dans le cadre du « Pacte de l’Elysée » que j’entends mettre en œuvre si je suis élu Président de la République.

Il s’agit de traiter à la fois la question du financement et de la justice, notamment pour les petites retraites, les carrières discontinues et les métiers pénibles.

Les revenus sont en baisse ou stagnent, les retraites sûrement aussi, les loyers augmentent de façon vertigineuse, même les salariés ont du mal à se loger ... Comment comptez-vous répondre à cette angoisse et faire du logement une priorité ?

Mois après mois, la bulle immobilière enfle. De la capitale, elle s’est étendue aux grandes villes de province, puis à la campagne. C’est une crise sociale majeure : les Français ne peuvent plus se loger ! Pour de nombreux ménages, le poste « loyer » représente 30% de leur budget, voire 50%. Cette situation est intenable.

L’explication est simple. La demande explose : vitalité démographique, divorces, autonomie immobilière des étudiants. En face, l’offre ne suit pas.

Il faut donc dynamiser l’offre de logement.

Il y a le secteur social, bien sûr : nous proposons dans notre projet de construire 120.000 logements sociaux par an. J’ajouterai une condition essentielle : construire plus certes, mais surtout construire mieux, c’est-à-dire construire des logements de meilleure qualité. La taille des appartements, et, par exemple, le fait de devoir partager sa chambre avec ses frères et sœur influe considérablement sur la réussite scolaire des enfants.

Il faut également mieux répartir les logements sociaux sur le territoire. J’ai dans ma ville de Sarcelles 78% de logements sociaux contre à peine 3% à Neuilly ! C’est en imposant des sanctions fortes aux communes qui ne respectent pas le quota de 20% de logements sociaux imposé par la loi SRU que nous gagnerons le pari de la mixité sociale.

Il faut plus de logements sociaux mais il faut plus de logements tout court. L’effort doit porter aussi sur le secteur libre, notamment en taxant le foncier non bâti.

Aujourd’hui, l’offre foncière en milieu urbain est rare et contrainte. Elle vient souvent de terrains enclavés, occupés par des constructions qu’il faut démolir avant de rebâtir. Je propose donc d’engager une réflexion sur la création de nouvelles villes sur des terrains agricoles, peu chers et en dehors des contraintes des schémas directeurs. Et nous ne sommes pas obligés de reproduire les erreurs du passé : loin des villes-dortoirs que l’urbanisme des années 60 a produites, ces aires pourraient être fondées sur une intense mixité des fonctions et connectées au réseau régional de transports pour éviter leur enclavement.

Que comptez-vous faire concrètement pour améliorer la démocratie sociale dans les entreprises, particulièrement les PME/PMI et pour réduire les inégalités entre salariés des grosses entreprises et salariés des petites structures ?

C’est vrai, les petites entreprises sont souvent dépourvues de délégués syndicaux et ne peuvent négocier des accords. Conséquence : les droits sociaux y sont très inférieurs à ceux des salariés des grandes entreprises.

Je propose d’étendre le dialogue social aux petites entreprises. Les organisations syndicales font de nombreuses propositions en ce sens : la mise en place d’instances interentreprises ou territoriales adaptées aux réalités des PME/TPE ; le développement du mandatement en l’absence d’organisation syndicale dans une entreprise (comme la gauche l’avait mis en place pour négocier la réduction du temps de travail) ; la création de nouveaux lieux de négociation permettant d’englober dans les périmètres des salariés concernés, ceux des filiales, des sous-traitants et des fournisseurs ; l’augmentation de moyens de l’inspection du travail pour faire respecter les conventions collectives et la législation...

Au-delà, je suis favorable à un renforcement de la démocratie sociale pour mettre à niveau la France par rapport à ses voisins européens. Pour ce faire, il est indispensable de renforcer la légitimité syndicale, en instaurant définitivement le principe de l’accord majoritaire et en faisant reposer la représentativité des organisations syndicales sur le résultat d’élections.


Le Pacte de l’Elysée - Propositions qui complètent et précisent le projet socialiste

I. POUR PREPARER L’AVENIR

a) Trois propositions pour une France de l’innovation

1. Recherche : première priorité, atteindre plus de 3% du PIB avant la fin du quinquennat, en investissant notamment dans les sciences de la vie.
2. Université : retour à l’excellence, effort national de rattrapage budgétaire, autonomie, démocratisation
3. PME : soutenir leur rôle majeur dans l’emploi et l’innovation, en leur offrant notamment un accès privilégié aux marchés publics.

b) Agir pour obtenir quatre changements dans la politique de l’Union

4. La coordination des politiques économiques.
5. L’harmonisation des bases de l’impôt sur les sociétés.
6. La réforme de la politique de la concurrence pour permettre l’émergence de champions européens.
7. Une évolution de la PAC favorisant une alimentation plus saine, particulièrement pour les fruits et légumes

II. POUR L’EGALITE REELLE

a) Trois instruments pour lutter contre les inégalités nées de la mondialisation

8. Création d’un fonds de réindustrialisation.
9. Prévoir qu’une entreprise bénéficiaire qui délocalise continue de payer pendant trois ans la taxe professionnelle.
10. Transférer les avantages accordés aux entreprises en zones franches sur les salariés habitant dans ces territoires.

b) Deux mesures pour sortir les jeunes du chômage de masse

11. Mettre en place un enseignement en alternance permettant de prolonger l’obligation de scolarité.
12. Obliger les entreprises de plus de 200 salariés à recruter un certain pourcentage d’apprentis.
13. Créer un nouveau dispositif d’accompagnement individualisé de chaque jeune vers l’emploi

c) Deux dispositifs pour combattre la précarité

14. Moduler l’impôt sur les sociétés pour favoriser les contrats à durée indéterminée.
15. Préparer une loi sur la faillite mettant les artisans à l’abri des poursuites sur leurs biens personnels.


d) Deux propositions pour « investir dans les bébés »

16. Recentrer la politique familiale sur les familles qui en ont le plus besoin.
17. Instaurer la gratuité des soins, notamment pour le million d’enfants pauvres

III. POUR RETROUVER LA CONFIANCE : LE PACTE DE L’ELYSEE

18. Le premier chantier du Président de la République pour faire émerger, avant la fin 2007, un nouveau compromis social portant sur :
a. le pouvoir d’achat : SMIC et revalorisation des carrières
b. la sécurisation professionnelle : formation et réinsertion dans le travail
c. le système de retraite : pérenniser le système par répartition, mieux prendre en compte la pénibilité, les petites retraites et les carrières discontinues
d. la santé au travail : maladies professionnelles, accidents du travail et conditions de travail.


Toutes les notes